jeudi 3 novembre 2016

le Sourire et la Pensée de la semaine de Matthieu Ricard.

Yogi tibétain du monastère de Khampa Gar, résidant maintenant en Inde (2004)


Pensée de la semaine

Depuis notre naissance, nous laissons notre esprit fonctionner comme bon lui semble, à l'image d'un gamin capricieux, et nous sommes bien obligés de voir que rien de vraiment positif n'en a résulté. Reprendre les rênes devient indispensable et mérite que nous y consacrions du temps, ne serait-ce qu'un peu chaque jour.
Transcrit par l'auteur d'après un conseil donné oralement.
JIGME KHYENTSE RINPOCHE (b. 1964) http://www.matthieuricard.org/

lundi 24 octobre 2016

le Sourire et la Pensée de la semaine de Matthieu Ricard.

Sourire de la semaine

Moine tibétain (Tibet, 2005) 
http://www.matthieuricard.org/

Pensée de la semaine

Certains affirment n'avoir aucun but dans l'existence, pourtant ils en ont assurément au moins un, celui d'être heureux, comme tous les êtres. Nous nous voulons tous du bien. Ce sentiment élémentaire et fondamental est le signe que nous avons à l'intérieur de nous un potentiel, une richesse à exploiter.
Transcrit par l'auteur d'après un conseil donné oralement.
JIGME KHYENTSE RINPOCHE (b. 1964)http://www.matthieuricard.org/

jeudi 6 octobre 2016

"Escape" - une interprétation de Pema Tsering Shakya Caidan film "Tullow"

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Mercredi, Octobre 2016 le 5ème



Allemagne de l'Ouest et du Yang mesurent Nima

Terre Pure Pic invité érudit tibétain Tsering Shakya (Tsering Shakya) , Commentaires Pema Tseden dernier film, "Tallo."


L' an dernier, le sommet de la Terre Pure a publié un certain nombre de traductions de "Tullow" libérer l'effet désiré . "Tullow" 2015 Festival de Venise de première internationale, l' un après l' autre , ils continuent à gagner des récompenses de festivals dans le monde entier depuis.

"Escape" - une interprétation de Pema Tsering Shakya Caidan film "Tullow"

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lundi 3 octobre 2016

le Sourire et la Pensée de la semaine de Matthieu Ricard.,

Sourire de la semaine

Homme lors de festivités (Tibet oriental, 2010)
http://www.matthieuricard.org/

Pensée de la semaine

Il ne suffit pas de comprendre intellectuellement la nature de l'esprit, il est indispensable de se débarrasser des voiles qui l'occultent, et la meilleure façon d'y parvenir est d'engendrer l'esprit d'Éveil, l'intention supérieure d'atteindre l'Éveil pour le bien de tous les êtres. C'est le seul et unique moyen de connaître l'authentique Éveil, ou, en d'autres termes, de devenir ‟ bouddha ”.
Extraits de rdo rje theg pa'i thun mong gi sngon 'gro spyi la sbyor chog pa'i khrid yig kun mkhyen zhal lung rnam grol shing rta, (Le Chariot de la complète libération, transmission orale des omniscients, instructions applicables à toutes les pratiques préliminaires du Véhicule Adamantin), vol. 7 de "Collected works of zhe chen rgyal tshab padma rnam rgyal," Paro, Dilgo Khyentsé Rinpoché, 1975 à 1994, p. 361
SHECHEN GYALTSAP (1871-1926)

dimanche 2 octobre 2016

Notre esprit peut être notre meilleur ami comme notre pire ennemi. C’est pourquoi il est tant souhaitable d’atteindre un état d’esprit optimal.

Notre esprit peut être notre meilleur ami comme notre pire ennemi. C’est pourquoi il est tant souhaitable d’atteindre un état d’esprit optimal.


En entraînant notre esprit grâce à la méditation, nous pouvons accroître notre sagesse ainsi que certaines qualités essentielles, telles que la paix intérieure, la clarté d’esprit, la compassion et la pleine conscience.
Plus nous développons ces qualités intérieures, plus nous élargissons notre espace intérieur propice au bien-être, à la résilience et à la raison d’être.
Clarté d’esprit, altruisme et compassion sont des qualités incontournables pour surmonter les défis personnels relever les enjeux sociaux de notre époque . En cultivant ces qualités en nous, nous contribuons non seulement à notre bien-être mais aussi à créer un monde meilleur pour tous.
Humaniste, moine bouddhiste, auteur de best-sellers, photographe, scientifique et orateur au Forum économique mondial de Davos et aux Nations Unies, Matthieu Ricard combine deux traditions : les neurosciences du 21ème siècle et vingt-cinq siècles de sagesse et d’entraînement de l’esprit. Tous ses bénéfices de la vente de l’application seront reversés à Karuna-Shechen, organisation humanitaire qu’il a fondée afin de venir en aide aux populations les plus démunies de l’Himalaya.
APP PRÉSENTÉE DANS




“Pour une plongée en profondeur”

“Conçue pour enseigner la méditation”

vendredi 30 septembre 2016

http://www.imagineclarity.com/index-fr.html


UNE COMBINAISON ESSENTIELLE DE SAGESSE, DE COMPASSION ET DE PLEINE CONSCIENCE

Commencer votre voyage avec “Imagine Clarity”. Instructions pour pratiquer la méditation partagées par Matthieu Ricard.Recevez notre newsletter à propos de la version française de l’application ImagineClarity

Une meilleure harmonie entre les religions

 http://matthieuricard.org/blog/posts/une-meilleure-harmonie-entre-les-religions        
http://matthieuricard.org
Le Dalaï-lama déplore profondément que les religions soient souvent devenues des sources de conflits majeurs. À l’origine, toutes les grandes traditions religieuses ont eu pour but d’améliorer l’homme, non pas de lui nuire. On retrouve dans toutes les spiritualités la notion d’amour du prochain, même si cet idéal été maintes été fois démenti par les faits. Selon le Dalaï-lama, une telle perversion se produit lorsque l’on brandit la religion comme un drapeau, qu’on la transforme en diktat, sans en comprendre ni en pratiquer le sens profond. Il propose quatre démarches qui peuvent contribuer à l’élimination de ces dissensions :                                                                                                                                                                                                            1) Rencontrer les érudits appartenant à des confessions différentes afin d’apprendre à mieux connaître les fondements philosophiques des autres religions.
2) Rencontrer des contemplatifs afin de partager les expériences spirituelles.
3) Organiser des rencontres interreligieuses, comme celle qui s’est tenue à Assise en 1986, permettant aux chefs religieux de développer un respect mutuel et de trouver ensemble des remèdes aux tensions entre les différentes communautés.
4) Organiser des pèlerinages auxquels participeraient des fidèles de différentes confessions, car en se rendant dans ces endroits exceptionnels, chaque pèlerin exprime ce qu’il a de plus noble en lui-même, facilitant ainsi un climat d’ouverture et d’entente. C’est ainsi que le Dalaï-lama s’est notamment rendu, en compagnie de représentants des autres religions, à Jérusalem, à Lourdes, à Fatima, à Bénarès, au Kumba Mela d’Allahabad (où 70 millions d’hindous se sont retrouvés en 2002).La responsabilité universelle 
La notion de « responsabilité universelle » est l’une des notions les plus importantes que développe le Dalaï-lama. Elle est fondée sur le concept de l’interdépendance qui est au cœur de la réalité et de la philosophie bouddhiste. Notre vie entière est intimement liée à un très grand nombre d’êtres et notre bonheur passe nécessairement par celui des autres. Vouloir construire notre bonheur sur la souffrance d’autrui est non seulement amoral, mais irréaliste. En effet, tout changement important qui se produit quelque part dans le monde a des répercussions sur chacun d’entre nous. Nous devons donc nous sentir concernés dans nos pensées et nos actes par le bien-être de tous les êtres. D’où l’importance essentielle de la notion de non-violence entre les hommes, non-violence à l’égard des animaux et non-violence encore à l’égard de l’environnement.

Moines visitant la grotte du Mont Bahla, Denkhok, où Dilgo Khyentsé Rinpotché médita durant sa jeunesse (5100 m). Il y passa un hiver entier en retraite solitaire, coupé du monde par la neige. Le mont Bahla domine la vallée de Denkhok ou coule la rivière Drichou (qui devient le Fleuve Yangtsé en Chine). Tibet oriental, 2001.vhttp://matthieuricard.org/blog/posts/une-meilleure-harmonie-entre-les-religions

jeudi 29 septembre 2016

Agenda

AN EVENING WITH MATTHIEU RICARD and LAURIE ANDERSON: ON COMPASSION IN ACTION, ALTRUISM and THE RIGHTS of ANIMALS AS SENTIENT BEINGS

Le 5 novembre 2016 de 20:00 à 22:00
New York Open Center, New York, USAMatthieu Ricard, world-renowned author, scientist, humanitarian, and Buddhist monk, and Laurie Anderson, multi-disciplinary artist extraordinaire, discuss ideas from Matthieu’s newest book, A Plea for the Animals, as well as from his seminal text, Altruism. According to Matthieu, every bear, dog, or mouse experiences sorrow and feels pain as in...

lundi 26 septembre 2016

Sourire de la semaine

Homme lors de festivités (Tibet oriental, 2010)

Pensée de la semaine

Les qualités de l'Éveil, quant à elles, sont inhérentes à la conscience mais peuvent longtemps rester imperceptibles. La nature ultime de l'esprit, la vacuité douée de toutes les qualités suprêmes de l'Éveil, est donc toujours présente en nous, mais demeure latente aussi longtemps que nous ne l'avons pas découverte et que nous ne nous sommes pas familiarisés avec elle.
Extraits de rdo rje theg pa'i thun mong gi sngon 'gro spyi la sbyor chog pa'i khrid yig kun mkhyen zhal lung rnam grol shing rta, (Le Chariot de la complète libération, transmission orale des omniscients, instructions applicables à toutes les pratiques préliminaires du Véhicule Adamantin), vol. 7 de "Collected works of zhe chen rgyal tshab padma rnam rgyal," Paro, Dilgo Khyentsé Rinpoché, 1975 à 1994, p. 361
SHECHEN GYALTSAP (1871-1926)http://www.matthieuricard.org/

lundi 19 septembre 2016

Sourire de la semaine

La femme la plus heureuse du monde? (Golok, Tibet oriental, 2010)


Pensée de la semaine

On peut se demander : ‟ Si la nature de la bouddhéité se trouve en moi, pourquoi ne puis-je pas la percevoir tout de suite ? ” Parce que, à l'image de l'or enfoui dans sa gangue, elle est voilée par les tendances que nous avons accumulées depuis des temps immémoriaux, tendances qui ont elles-mêmes été induites par les poisons mentaux, puis renforcées par les actes auxquels ces perturbations ont donné lieu.
Extraits de rdo rje theg pa'i thun mong gi sngon 'gro spyi la sbyor chog pa'i khrid yig kun mkhyen zhal lung rnam grol shing rta, op. cit., p. 361
SHECHEN GYALTSAP (1871-1926)http://www.matthieuricard.org/

dimanche 18 septembre 2016

Matthieu Ricard : « L’altruisme est la seule réponse pragmatique aux défis du XXIe siècle »

Figure spirituelle du bouddhisme, le dalaï-lama développe, dans son dernier livre, « Nouvelle Réalité », une réflexion sur la responsabilité universelle notamment concernant l’urgence environnementale. À l’âge de l’Anthropocène, explique Matthieu Ricard, qui est proche du dalaï-lama, l’homme doit changer individuellement pour changer le fonctionnement du monde.https://reporterre.net/Matthieu-Ricard-L-altruisme-est-la-seule-reponse-pragmatique-aux-defis-du-XXIe
Matthieu Ricard est docteur en génétique cellulaire, moine bouddhiste tibétain, auteur et photographe. Il est l’interprète pour le français du dalaï-lama.

Reporterre — Quelle relation le dalaï-lama entretient-il avec les problèmes environnementaux contemporains ?
Matthieu Ricard — Le dalaï-lama est un citoyen du Tibet, le « toit du monde », où naissent les fleuves qui abreuvent 45 % de l’humanité et où la biodiversité est immense, avec plus d’animaux sauvages que d’être humains. Né dans cet environnement, le dalaï-lama a toujours porté le message de la non-violence vis-à-vis des êtres humains, des animaux, de la nature. La non-violence ne consiste pas simplement à ne pas faire violence mais aussi à promouvoir quelque chose de constructif, de positif, de respectueux. C’est considérer autrui. Philosophiquement, le bouddhisme se fonde sur l’interdépendance de tous les phénomènes. L’interdépendance est donc au cœur de la compréhension du système écologique. Le bouddhisme n’a jamais eu aucun mal a être en harmonie avec tout ce qui consiste à reconnaître, d’abord, la globalité du système et, ensuite, l’importance à la fois d’un engagement personnel et la responsabilité globale. Comme le disait Martin Luther King : « Nous sommes tous venus dans des esquifs différents, mais nous sommes maintenant tous dans le même bateau. »
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Le monastère de Drepung, près de Lhasa, la capitale du Tibet

Quelles solutions le dalaï-lama évoque-t-il ?
Le dalaï-lama n’a cessé de mettre l’accent sur la compassion, la bienveillance et la solidarité. L’altruisme est la seule et unique solution pragmatique aux défis du XXIe siècle, dont la crise de l’environnement. Parce que, si on se fiche du sort des générations à venir, le problème environnemental ne nous concerne pas, on ne sera plus là ! Aussi complexe la question soit-elle, politiquement, économiquement et scientifiquement, elle revient, en fin de compte, à l’altruisme versus l’égoïsme. C’est pour ça que nous avons besoin de cette considération d’autrui, pour avoir aujourd’hui une économie plus positive, plus altruiste, pour avoir une plus grande justice sociale et moins d’inégalités et, surtout, pour préserver le sort de milliards et de milliards de générations à venir et des 8 millions d’espèces animales qui sont nos concitoyens en ce monde.

Quelle rôle détenons-nous dans l’écosystème ?
Le sort aujourd’hui est entre nos mains puisque nous sommes entrés dans l’Anthropocène. La question n’est plus seulement théorique : nous avons le pouvoir de détruire ou de préserver cette biosphère. Notre responsabilité s’en trouve immensément accrue et nous ne pouvons pas détourner le regard en disant que c’est pas notre affaire. C’est notre affaire à tous. C’est nous, individus, qui devons changer notre opinion pour que la culture change. Quand la culture changera, les institutions changeront à leur tour, parce que les membres d’une nouvelle culture n’éliront plus les mêmes responsables. Cela ne sera plus les divisions entre la droite et la gauche, nous saurons tous nous unir pour sauvegarder cet univers qui est le nôtre.

Le pape François a publié en juin 2015 une encyclique sur la protection de l’environnement. Peut-on la comparer avec le nouvel ouvrage du dalaï-lama ?
Oui et non, dans la mesure où le dalaï-lama ne représente pas les 250 millions de bouddhistes dans le monde, bien qu’il soit une grande figure morale de notre temps. Le christianisme, lui, n’a pas toujours eu une vision très claire à propos de l’environnement, notamment des animaux, mais l’ensemble de conseillers scientifiques très pertinents et bien informés du pape François ont fait que cette encyclique a un poids immense sur le plan moral pour tous les chrétiens et pour l’ensemble de l’humanité. Je crois que c’est un événement majeur, et le point de vue qu’aborde le dalaï-lama dans son dernier ouvrage s’inscrit dans cette optique. On peut espérer que l’ensemble des grands représentants des religions mais aussi de l’éthique, qu’elle soit religieuse ou laïque, parlent tous avec la même voix, le même cœur et la même intelligence. 

- Propos recueillis par Isaline Bernard

- Nouvelle réalité, vers l’âge de la responsabilité universelle par le dalai-lama et Sofia Stril Rever, Les Arènes, 248 p., 19 €.

mardi 30 août 2016

le Sourire et la Pensée de la semaine de Matthieu Ricard.

Sourire de la semaine

Homme lors de festivités (Tibet oriental, 2010)
http://www.matthieuricard.org/

Pensée de la semaine

Au début rien ne vient, au milieu rien ne reste, à la fin rien ne s'en va.
http://www.matthieuricard.org/MILAREPA (1040-1123)
Jetsun Milarepa (rje btsun mi la ras pa, 1040-1123), extrait des Cent Mille Chants (mi la'i mgur 'bum), édité par Tsang Nyön Heruka (gtsang smyon he ru ka, rus pa'i rgyan can, 1452-1507), Gangtok, Sherab Gyaltshen, 1983.
MILAREPA (1040-1123)


mardi 26 juillet 2016

le Sourire et la Pensée de la semaine de Matthieu Ricard.

Sourire de la semaine

Homme de la région de Dzongsar (est du Tibet, 2004)

Pensée de la semaine

Le don, même infime, produit de grands effets ;
La richesse, même grande, ne fait guère de bien.
Même si, généreux autrefois, je suis riche dans cette vie,
En ne donnant rien dans cette vie je serai pauvre dans la prochaine.
Extrait de "The expanded redaction of the complete works of 'Ju Mi-pham Series", vol. 27 "The Rdzong-sar prints of the writings of 'Jam-mgon 'Ju Mi-pham-rgya-mtsho", Shechen Publications, Delhi, 1984.
MIPHAM RINPOCHE (1846-1912)

vendredi 13 mai 2016

le Sourire et la Pensée de la semaine de Matthieu Ricard.

Pensée de la semaine

La patience est, en essence, la capacité de supporter la souffrance sous toutes ses formes.
 Cette vertu est comparable à un terrain fertile où les fleurs des trois disciplines
 peuvent s'épanouir en répandant le parfum suave de leurs qualités. Pareille aussi
 à clôture qui protège ces fleurs, la patience présente trois aspects : il y a d'abord 
la patience qui permet d'assumer le fardeau des souffrances et des difficultés rencontrées
 lorsqu'on œuvre à son propre bien et à celui des autres ; puis la patience d'accepter, 
imperturbablement, tous les maux que les autres peuvent nous infliger ; et enfin, 
la patience qui consiste à ne pas craindre les enseignements profonds, 
comme ceux sur la vacuité [....].
KANGYUR RINPOCHE (1897-1975)
Le Trésor de précieuses qualités, p. 393-6. http://www.matthieuricard.org/

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Femme tibétaine et son nourisson (Tibet, 2003)http://www.matthieuricard.org/

mardi 3 mai 2016

Empathie, altruisme et compassion



On peut définir l’amour altruiste comme "le désir que tous les êtres trouvent le bonheur et les causes du bonheur."
Ce désir altruiste s’accompagne d’une constante disponibilité envers autrui alliée à la détermination de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider chaque être en particulier à atteindre un authentique bonheur. Le bouddhisme rejoint sur ce point Aristote pour qui "aimer bien" consiste à "vouloir pour quelqu’un ce que l’on croit être bien" et "être capable de le lui procurer dans la mesure où on le peut." (1)
La compassion est la forme que prend l’amour altruiste lorsqu’il est confronté aux souffrances d’autrui. Le bouddhisme la définit comme "le souhait que tous les êtres soient libérés de la souffrance et de ses causes".
Cette aspiration doit être suivie de la mise en œuvre de tous les moyens possibles pour remédier à ces tourments.
L’empathie est la capacité d’entrer en résonance affective avec les sentiments d’autrui et de prendre conscience cognitivement de sa situation. L’empathie nous alerte en particulier sur la nature et l’intensité des souffrances éprouvées par autrui. On pourrait dire qu’elle catalyse la transformation de l’amour altruiste en compassion.
L’amour altruiste doit considérer lucidement la meilleure façon d’accomplir le bien des autres. L’impartialité requiert de ne pas favoriser quelqu’un simplement parce qu’on éprouve à son égard plus de sympathie que pour une autre personne qui se trouve également, voire davantage, dans le besoin.
Cette extension comporte deux étapes principales : d’une part, on perçoit les besoins d’un plus grand nombre d’êtres, tout particulièrement ceux que l’on avait considérés jusqu’alors comme des étrangers ou des ennemis. D’autre part, on donne de la valeur à un ensemble d’êtres sensibles beaucoup plus vaste, qui dépasse le cercle de nos proches, du groupe social, ethnique, religieux, national qui est le nôtre, et qui s’étend même au-delà de l’espèce humaine. (2)
Il est intéressant de noter que Darwin a non seulement envisagé cette expansion, mais qu’il la jugeait nécessaire. Il utilisait le mot sympathie dans le sens de bienveillance : "La sympathie, pour les causes que nous avons déjà indiquées, tend toujours à devenir plus large et plus universelle. Nous ne saurions restreindre notre sympathie, en admettant même que l’inflexible raison nous en fît une loi, sans porter préjudice à la plus noble partie de notre nature." (3)
Qu’est ce que l’empathie ?
L’empathie est un terme de plus en plus fréquemment employé, aussi bien par les scientifiques que dans le langage courant et il est souvent confondu avec l’altruisme et la compassion. Le mot empathie recouvre en fait plusieurs états mentaux distincts. Le mot empathie est une traduction du mot allemand Einfühlung qui renvoie à la capacité de "ressentir l’autre de l’intérieur" ; il fut utilisé pour la première fois par le psychologue allemand Robert Vischer en 1873 pour désigner la projection mentale de soi-même dans un objet extérieur — une maison, un vieil arbre noueux ou une colline balayée par les vents — auquel on s’associe subjectivement. (4) À sa suite, le philosophe Théodor Lipps étendit cette notion pour décrire le sentiment d’un artiste qui se projette par son imagination non seulement dans un objet inanimé mais aussi dans l’expérience vécue d’une autre personne.
L’empathie peut être déclenchée par une perception affective du ressenti de l’autre ou par l’imagination cognitive de son vécu. Dans les deux cas, la personne fait clairement la distinction entre son ressenti et celui d’autrui, à la différence de la contagion émotionnelle durant laquelle cette différenciation est plus floue. (5)
L’empathie affective survient donc spontanément lorsque nous entrons en résonance avec la situation et les sentiments d’une autre personne, avec les émotions qui se manifestent par ses expressions faciales, son regard, le ton de sa voix et son comportement.
La dimension cognitive de l’empathie naît en évoquant mentalement une expérience vécue par autrui, soit en imaginant ce qu’elle ressent et la manière dont son expérience l’affecte, soit en imaginant ce que nous ressentirions à sa place.
L’empathie peut conduire à une motivation altruiste, mais elle peut aussi, quand on se trouve confronté aux souffrances d’autrui, engendrer un sentiment de détresse et d’évitement qui incite à se replier sur soi-même ou à se détourner des souffrances dont on est témoin.
L’empathie cognitive, dénuée d’altruisme, peut même conduire à l’instrumentalisation d’autrui en tirant avantage des informations qu’elle nous procure sur l’état d’esprit et la situation de l’autre. À l’extrême, c’est l’une des caractéristiques des psychopathes.
Les significations attribuées par certains penseurs et différents chercheurs au mot "empathie", ainsi qu’à d’autres concepts proches tels que la sympathie et la compassion, sont multiples et peuvent, de ce fait, aisément prêter à confusion.
Toutefois, les recherches scientifiques menées depuis les années 1970-80, notamment par les psychologues Daniel Batson, Jack Dovidio et Nancy Eisenberg, ainsi que, plus récemment, par les neuroscientifiques Jean Decety et Tania Singer, ont permis de mieux cerner les nuances de ce concept et d’examiner ses liens avec l’altruisme.
Les diverses formes d’empathie
Le psychologue Daniel Batson a montré que les diverses acceptions du mot "empathie" procèdent finalement de deux questions : "Comment puis-je connaître ce que l’autre pense et ressent ?" et : "Quels sont les facteurs qui m’amènent à être concerné par le sort de l’autre et à y répondre avec sollicitude et sensibilité ?" (6)
Batson a recensé huit modalités différentes du terme "empathie", qui sont reliées mais ne constituent pas simplement divers aspects du même phénomène. (7) Après les avoir analysées, il en est venu à la conclusion que seule l’une de ces formes, qu’il nomme "sollicitude empathique", est à la fois nécessaire et suffisante pour engendrer une motivation altruiste. (8)
La première forme, la connaissance de l’état intérieur de l’autre, peut nous fournir des raisons d’éprouver de la sollicitude à son égard, mais n’est ni suffisante ni indispensable pour faire naître une motivation altruiste. On peut en effet être conscient de ce que quelqu’un pense ou ressent, tout en restant indifférent à son sort.
La deuxième forme est l’imitation motrice et neuronale. Preston et de Waal furent les premiers à proposer un modèle théorique pour les mécanismes neuronaux qui sous-tendent l’empathie et la contagion émotionnelle. Selon ces chercheurs, le fait de percevoir quelqu’un dans une situation donnée induit notre système neuronal à adopter un état analogue au sien, ce qui entraîne un mimétisme corporel et facial accompagné de sensations similaires à celles de l’autre. (9) Ce processus d’imitation par observation des comportements physiques est aussi à la base des processus d’apprentissage transmis d’un individu à un autre. Mais ce modèle ne distingue pas clairement l’empathie, dans laquelle on établit sans ambiguïté la différence entre soi et l’autre, d’une simple contagion émotionnelle, dans laquelle nous confondons nos émotions avec celles de l’autre. D’après Batson, ce processus peut contribuer à engendrer des sentiments d’empathie, mais ne suffit pas à les expliquer. En effet, nous n’imitons pas systématiquement les actions des autres : nous réagissons intensément en observant un joueur de foot marquer un but, mais nous ne nous sentons pas forcément enclins à imiter ou à résonner émotionnellement avec quelqu’un qui est en train de ranger ses papiers ou de manger un plat que nous n’aimons pas.
La troisième forme, la résonance émotionnelle, nous permet de ressentir ce que l’autre ressent, que ce sentiment soit de la joie ou de la tristesse. (10) Il nous est impossible de vivre exactement la même expérience que quelqu’un d’autre, mais nous pouvons éprouver des émotions similaires. Rien de tel pour nous mettre de bonne humeur que d’observer un groupe d’amis tout à la joie de se retrouver ; à l’inverse, le spectacle de personnes en proie à une détresse intense nous émeut, voire nous fait venir les larmes aux yeux. Ressentir approximativement le vécu de l’autre peut déclencher une motivation altruiste, mais ici encore, ce type d’émotion n’est ni indispensable ni suffisant. (11) Dans certains cas, le fait de ressentir l’émotion de l’autre risque d’inhiber notre sollicitude. Si, face à une personne terrorisée, nous commençons à ressentir nous aussi de la peur, nous pourrons être davantage concernés par notre propre anxiété que par le sort de l’autre. (12) De plus, pour engendrer une telle motivation, il suffit de prendre conscience de la souffrance de l’autre, sans qu’il soit nécessaire de souffrir soi-même.
La quatrième forme consiste à se projeter intuitivement dans la situation de l’autre. C’est l’expérience à laquelle se référait Théodor Lipps en utilisant le mot Einfühlung. Cependant, pour être concerné par le sort de l’autre, il n’est pas nécessaire de s’imaginer tous les détails de son expérience : il suffit de savoir qu’il souffre. De plus, on risque de se tromper en imaginant ce que l’autre ressent.
La cinquième forme est de se représenter le plus clairement possible les sentiments d’autrui en fonction de ce qu’il vous dit, de ce que vous observez, et de votre connaissance de cette personne, de ses valeurs et de ses aspirations. Toutefois, le simple fait de se représenter ainsi l’état intérieur d’autrui ne garantit pas pour autant l’émergence d’une motivation altruiste. (13) Une personne calculatrice et mal intentionnée peut utiliser la connaissance de votre vécu intérieur pour vous manipuler et vous nuire.
La sixième forme consiste à imaginer ce que nous ressentirions si nous étions à la place d’autrui avec notre propre caractère, nos aspirations et notre vision du monde. Si l’un de vos amis est grand amateur d’opéra ou de rock’n’roll et que vous ne supportez pas ce genre de musique, vous pouvez certes imaginer qu’il ressent du plaisir et vous en réjouir, mais si vous étiez vous-même assis au premier rang, vous n’éprouveriez que de l’irritation. C’est pourquoi George Bernard Shaw écrivait : "Ne faites pas aux autres ce que vous souhaiteriez qu’ils vous fassent, car ils n’ont pas forcément les mêmes goûts que vous."
La septième forme est la détresse empathique que l’on ressent quand on est témoin de la souffrance d’autrui ou qu’on l’évoque. Cette forme d’empathie risque davantage de déboucher sur un comportement d’évitement que sur une attitude altruiste. En effet, il ne s’agit pas là d’une préoccupation pour l’autre, ni de se mettre à la place de l’autre, mais d’une anxiété personnelle déclenchée par l’autre. (14)
Un tel sentiment de détresse n’entraînera pas nécessairement une réaction de sollicitude ni une réponse appropriée à la souffrance de l’autre, surtout si nous pouvons diminuer notre anxiété en détournant notre attention de la douleur qu’il éprouve.
Certaines personnes ne supportent pas de voir les images bouleversantes. Elles préfèrent détourner le regard d’images qui leur font mal, plutôt que de prendre acte de la réalité. Or choisir une échappatoire physique ou psychologique n’est guère utile aux victimes et il vaudrait mieux prendre pleinement conscience des faits et agir en vue d’y remédier.
Lorsque nous sommes principalement préoccupés par nous-mêmes, nous devenons vulnérables à tout ce qui peut nous affecter. Prisonnier de cet état d’esprit, la contemplation égocentrique de la douleur des autres mine notre courage ; elle est ressentie comme un fardeau qui ne fait qu’accroître notre détresse. Dans le cas de la compassion, au contraire, la contemplation altruiste de la souffrance des autres décuple notre vaillance, notre disponibilité et notre détermination à remédier à ces tourments.
S’il advient que la résonance avec la souffrance de l’autre entraîne une détresse personnelle, nous devons rediriger notre attention vers l’autre et raviver notre capacité de bonté et d’amour altruiste.
La huitième forme, la sollicitude empathique, consiste à prendre conscience des besoins d’autrui et à éprouver ensuite un désir sincère de lui venir en aide. Selon Daniel Batson, (15) seule cette sollicitude empathique est une réponse tournée vers l’autre — et non vers soi, — réponse qui est à la fois nécessaire et suffisante pour déboucher sur une motivation altruiste. En effet, face à la détresse d’une personne, l’essentiel est d’adopter l’attitude qui lui apportera le plus grand réconfort et de décider de l’action la plus appropriée pour remédier à ses souffrances. Que vous soyez ou non bouleversé et que vous ressentiez ou non les mêmes émotions qu’elle, est secondaire.
Daniel Batson conclut donc que les six premières formes d’empathie peuvent chacune contribuer à l’engendrement d’une motivation altruiste, mais qu’aucune d’entre elle ne garantit l’émergence d’une telle motivation, pas plus qu’elles n’en constituent les conditions indispensables. La septième, la détresse empathique, va clairement, elle, à l’encontre de l’altruisme. Seule la dernière, la sollicitude empathique, est à la fois nécessaire et suffisante pour faire naître une motivation altruiste en notre esprit et nous inciter à l’action.
Résonances convergentes et divergentes
L’empathie affective consiste donc à entrer en résonance avec les sentiments de l’autre, la joie comme la souffrance. Toutefois, ce processus est déformé par nos propres émotions et nos préjugés qui agissent comme des filtres.
Le psychologue Paul Ekman distingue deux types de résonance affective. (16) La première est la résonance convergente : je souffre quand vous souffrez, j’éprouve de la colère lorsque je vous vois en colère. Si, par exemple, votre femme rentre à la maison dans tous ses états parce que son patron s’est mal comporté avec elle, vous êtes indigné et vous vous exclamez avec colère : "Comment a-t-il pu te traiter de la sorte !"
Dans la résonance divergente, au lieu de ressentir la même émotion que votre femme et de vous mettre en colère, vous prenez du recul et, tout en manifestant votre sollicitude à son égard, vous dites : "Je suis vraiment désolé que tu aies eu affaire à un tel rustre. Que puis-je faire pour toi ? Veux-tu une tasse de thé, ou préfères-tu que nous allions faire une promenade ?" Votre réaction accompagne les émotions de votre femme, mais sur une tonalité émotionnelle différente.
Notes :
(1) Aristote, (2007), Rhétorique, II, 4, 1380b 34. Cité par Audi, P. (2011). L’empire de la compassion. Editions Les Belles Lettres, p. 37.
(2) Je dois à Daniel Batson de m’avoir aidé à préciser ces deux points au cours.
(3) Darwin, C. (1891). Op. cit., p.145.
(4) Le terme anglais « empathy » fut utilisé pour la première fois au début du XXe siècle, pour traduire einfühlung, par le psychologue Edward Titchener.
(5) Voir notamment Decety, J. “L’empathie est-elle une simulation mentale de la subjectivité d’autrui”, p. 78, et Pacherie, E., “L’empathie et ses degrés”, p. 147, dans Berthoz, A., Jorland, G., & Collectif. (2004) L’empathie. Odile Jacob, p. 78.
(6) Batson, C. D. (2011). Op. cit., p. 12 et suivantes. Italiques ajoutés par l’auteur.
(7) Batson, C. D. “These Things Called Empathy: Eight Related but Distinct Phenomena,” in Decety, J. (2009). The social neuroscience of empathy. The MIT Press.
(8) Batson, C. D. (2011). Op. cit. On trouvera dans son ouvrage les nombreuses références scientifiques correspondant à ces diverses définitions de l'empathie.
(9) Voir Preston, S. D., de Waal, F. B. & others. (2002). Empathy: Its ultimate and proximate bases. Behavioral and Brain Sciences, 25(1), 1–20. Le modèle “Perception-action model” (PAM) fut en partie inspiré par les recherches sur les neurones miroirs, qui sont présents dans quelques aires du cerveau et sont activés lorsque l’on voit, par exemple, quelqu’un d’autre faire un geste qui nous intéresse. Les neurones miroirs peuvent fournir une base élémentaire à l’imitation et à la résonance intersubjective, mais le phénomène de l’empathie est beaucoup plus complexe et implique de nombreuses aires du cerveau. Rizzolatti, G., & Sinigaglia, C. (2008). Mirrors in the brain: How our minds share actions, emotions, and experience. Oxford University Press, USA.
(10) Thompson, R. A. (1987). Empathy and emotional understanding: The early development of empathy. Empathy and its development, 119–145. In Eisenberg, N., & Strayer, J. (1990). Empathy and its development. Cambridge Univ Press.
(11) Batson, C. D., Early, S., & Salvarani, G. (1997). Perspective taking: Imagining how another feels versus imaging how you would feel. Personality and social psychology bulletin, 23(7), 751–758.
(12) Mikulincer, M., Gillath, O., Halevy, V., Avihou, N., Avidan, S., & Eshkoli, N. (2001). Attachment theory and rections to others’ needs: Evidence that activation of the sense of attachment security promotes empathic responses. Journal of Personality and Social Psychology, 81(6), 1205.
(13) Coke, J. S., Batson, C. D., & McDavis, K. (1978). Empathic mediation of helping: A two-stage model. Journal of Personality and Social Psychology, 36(7), 752.
(14) Selon les auteurs, ce type d’empathie est appelé :
▪ « Détresse empathique » in Hoffman, M. L. (1981). The development of empathy. In J. P. Rushton & R. M. Sorrentino (Eds.), Altruism and helping behavior: Social, personality, and developmental perspectives (pp. 41-63). Erlbaum.
▪ « Sympathie douloureuse » in McDougall, W. (1908). An introduction to social psychology. Methuen ; « détresse personnelle » in Batson, C. D. (1987). Prosocial motivation: Is it ever truly altruistic. Advances in experimental social psychology, 20, 65–122.
▪ « Sentiment déplaisant provoqué par l’observation » in Piliavin, J. A., Dovidio, J. F., Gaertner, S. L., & Clark III, R. D. (1981). Emergency intervention. Academic Press New York.
▪ « Empathie » in Krebs, D. (1975). Empathy and altruism. Journal of Personality and Social psychology, 32(6), 1134. Cités par Batson, C. D. (2011). Op.cit.
(15) Batson, C. D. (1991). The altruism question: Toward a social psychological answer. Lawrence Erlbaum; Batson, C. D. (2011). Op. cit.
(16) Paul Ekman, lors d’une conversation personnelle, novembre 2009.
Voir aussi les ouvrages: Altruism in Humans , de C. Daniel Batson et Plaidoyer pour l'altruisme , de Matthieu Ricardhttp://www.matthieuricard.org/
Mr4443
Chaîne de Amnye Machen, province de Golok, Tibet oriental (19 février 2016)

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