Animaux du Tibet en voie de disparition


Animaux du Tibet



 en voie de disparition


mardi 24 février 2004 par Webmestre
L’Occident a découvert la défense de l’environnement au XXème siècle. Pour les Tibétains, depuis toujours, toutes les formes de vie, toutes les forces de la nature ont autant de valeur les unes que les autres. Les animaux sont leurs frères, les rivières leurs sœurs.
Malheureusement, depuis que les Tibétains ne sont plus maîtres chez eux, depuis l’invasion chinoise de 1949, cette ancestrale harmonie a pris fin.
La faune tibétaine était auparavant si riche qu’un explorateur et zoologue allemand des années trente, Schaeffer, a défini les territoires par les animaux qui y abondaient. Il citait la steppe à yacks sauvages, la steppe à kiangs, la steppe à gazelles.
Les ravages de l’occupation chinoise dépassent de loin les spectaculaires destructions de monastères. L’oppression politique s’accompagne du saccage du cadre de vie : déboisement à grande échelle, surpâturage, braconnage intensif, pollution. En conséquence, la faune disparait inexorablement.
Pour qu’au moins la mémoire les conserve, voici quelques uns des animaux les plus menacés d’extinction, décrits et peints par des Tibétains en exil. Nous vous indiquons d’abord leur nom français, puis leurs divers noms tibétains avant les dénominations scientifiques en latin.

L’hémione

Kiang (Asinus hemionus ou Equus hemionus kiang)
L’hémione ou kiang, autrefois en abondance dans les plaines et les collines du Tibet, ne se rencontre plus que dans les plaines nord et sud du Chang Thang. A mi-chemin entre l’âne et le cheval, elle appartient à la même famille que le ghorkhar de l’Inde occidentale et le zèbre d’Afrique.
Dans ces hautes plaines, l’hémione vit à une altitude de 4 800 mètres. Elle est capable de demeurer deux ou trois jours sans boire mais en général, en période chaude, elle se désaltère au lever et au coucher du soleil. D’ailleurs, elle ne s’éloigne jamais d’un point d’eau de plus d’une quinzaine de kilomètres. En hiver les pâturages se raréfient et l’hémione parcourt une distance cinq ou six fois supérieure pour trouver sa nourriture.
L’hémione est le plus grand et le plus beau des ânes sauvages asiatiques et sa taille peut atteindre 1,20 m au garrot.
La robe est isabelle, plus foncée sur l’échine, blanche sous le ventre. Une bande brune descend le long du dos jusqu’au bas des pattes postérieures. La crinière est noire et courte, ainsi que les poils de la queue terminée en touffe épaisse.
La tête large et les grandes oreilles contrastent avec la gracilité du corps.
En été et jusqu’au début de l’automne, l’hémione se déplace par petits groupes composés d’un étalon, de quelques femelles et des petits. L’hiver les familles se regroupent jusqu’à former des troupeaux de mille têtes. Il est même arrivé, par le passé, de rencontrer des kiangs par troupeaux de vingt mille têtes. On peut encore les voir galoper en rond dans les vastes plaines. Mais attention au voyageur imprudent ! Sous son apparence docile et familière, l’hémione cache une nature plutôt agressive qui peut surprendre.
Lorsque l’hémione est apparue au Chang Thang, seuls vivaient là des bergers nomades. Aujourd’hui la région est très peuplée car l’exploitation minière a attiré beaucoup de monde. Ce changement radical, auquel s’ajoute la présence militaire nombreuse à la frontière entre Ladakh et Tibet, menace gravement l’habitat naturel de l’hémione.

Le chevrotain porte-musc

Lawa (Moschus moschiferus/Moschus sifanicus Buechner)
Le chevrotain porte-musc, encore appelé porte-musc ou musc, appartient à une espèce primitive. Ce quadrupède vit dans l’Himalaya, à l’extrême ouest de la Chine et jusqu’au nord de la Sibérie, dans les bois et forêts à plus de 2 000 mètres d’altitude. Il évolue en milieu aride, au bord des falaises où il se nourrit de buissons. Herbivore nocturne, il dort le jour et broute lichens et feuillages pendant la nuit.
De petite taille, 55 cm à la croupe, son poids ne dépasse guère 10 kg. Il n’a pas de cornes. Le pelage est long et raide. La robe de l’adulte présente plusieurs tons de brun foncé avec des taches grises ; celle du jeune est tachetée de blanc. Les sabots sont larges et les pattes postérieures, lourdes et allongées, obligent la bête à se déplacer en sautant. Lorsqu’il dort roulé en boule il ressemble à un gros lièvre.
La caractéristique du chevrotain, ce sont ses canines qui mesurent de 5 à 7 cm. Mâchoires fermées, ces crocs restent en arrière de la bouche. Mâchoires ouvertes, un muscle les soulève et les ramène vers l’avant.
Animal solitaire, il est rare d’en rencontrer plus de deux à la fois. Pour échapper à la capture, le porte-musc est capable de grimper sur des arbres inclinés afin de trouver refuge dans l’épais feuillage où il se tapit.
Comme son nom l’indique, le porte-musc sécrète du musc. Cette substance odoriférante se développe en période de rut chez le mâle et s’accumule dans une poche située dans l’abdomen. Chaque mâle de plus de trois ans en produit environ 30 grammes. Le musc s’utilise en parfumerie pour fixer les parfums et ne se recueille qu’en tuant l’animal.
Ces mâles sont bien sûr en danger car le musc est très demandé en Chine, à Taïwan, au Japon et autres pays d’Asie tant pour ses qualités en parfumerie que pour ses propriétés médicinales.

La grue à col noir

Trung-trung-kaynak (Grus nigricollis)
On trouve la grue à col noir dans l’Himalaya, au Sikkim, au Bhoutan, au Ladakh et au Tibet. Des quinze espèces de grues répertoriées dans le monde, c’est la plus menacée. On l’a crue éteinte avant d’en retrouver la trace au Tibet, à la source du Houang-Ho ou Fleuve Jaune.
Autrefois répandue dans tout le Tibet, la grue à col noir ne se rencontre maintenant plus que dans l’U-Tsang. On en voit encore près de Lhassa et de Shigatsé, par exemple, ou dans les régions de Doteo et de Domea. Elle vit en général entre 3500 et 5000 mètres d’altitude près des lacs et des marécages. Elle se nourrit de graines, de petits poissons, de grenouilles, d’insectes, de pousses et de vers d’eau.
Adulte, cet oiseau pèse 6 à 7 kg. Il mesure alors un mètre. Le plumage blanc grisâtre présente des taches noires sur la queue, les ailes et le cou. La tête s’orne d’une crête vermillon.
Comme la plupart de ses congénères, la grue à col noir se déplace en groupe de dix au moins. En mars et avril, la période des amours, elle part pour le nord-est du Tibet. Là, elle se reproduit sur les berges des fleuves, avec une prédilection pour les terrains vallonnés ou marécageux. En avril et mai, elle construit son nid dans les roseaux en préparation de la ponte qui a lieu de la mi-mai à début juin. La femelle pond au maximum deux oeufs. Bien que les oisillons puissent être indépendants dès les deux jours qui suivent l’éclosion, mâle et femelle se relayent dans le nid cinq à six fois par jour pendant le premier mois, comportement caractéristique de l’espèce.
Dès que la température refroidit, vers septembre et octobre, les grues migrent vers le sud du Tibet pour passer l’hiver. Leurs vols sont particulièrement gracieux, toujours en V, à l’endroit ou à l’envers, et elles chantent en volant.
On ignore le nombre exact de grues à col noir dans le monde mais on estime leur population totale entre sept et neuf cents individus, en majeure partie au Tibet. Elles y sont peu chassées et courent le plus de risques l’hiver lors de leur migration, car elles volent bas. Par contre la présence de l’homme et des animaux domestiques dans les marécages où elles se tiennent habituellement leur font souvent abandonner leur habitat.
Les seuls zoos qui possèdent des grues à col noir se situent en Chine, à Pékin, Shanghai, Chengdu et Guandong.

Le Takin du Tibet

Bamen (Budorcas taxicolor tibetana)
Bien que ressemblant au gnou africain (connochaetes), le takin asiatique est un proche parent du boeuf musqué. Une sous-espèce de takin se rencontre en Europe et en Amérique du Nord. Mais l’espèce propre vit principalement au Tibet, divisée en quatre groupes :
  • le takin de l’Himalaya ou Himalaye bamen,
  • le takin du Bhoutan ou Druk gi bamen,
  • le takin du Sichuan ou Gyalmo tsawa rong gi bamen ou Sichuan bamen,
  • le takin doré ou Pusser bamen.
Le takin vit entre 2 500 et 4 500 mètres d’altitude.
On trouve le takin de l’Himalaya : au Tibet dans les régions de Metok, de Gyalthang, de Drugchu et de Ngawa ; ainsi qu’au Bhoutan, au Népal, en Inde (Sikkim, Assam).
Le takin du Bhoutan, comme son nom l’indique, se trouve au Bhoutan, dans la région frontalière de Lokha.
Quant au takin du Sichuan, on le trouve évidemment au Sichuan mais aussi au nord-est du Tibet, dans les vallées profondes de Ngawa et de Kanze.
Le takin doré, lui, se trouve à l’est de Drugchu (Tibet) et dans certains endroits du Gansu (Chine).
L’alimentation du takin se compose d’herbe, de brindilles, de feuilles et de jeunes pousses de bambou. C’est ainsi que le takin passe ses journées dans les buissons de rhododendrons et de bambous. Se nourrissant le soir et tôt le matin, il ne quitte ses buissons que pour brouter sur les pentes herbeuses proches. Particulièrement friand de sel, le takin va le chercher sur des rochers qu’il lèche avec application.
Court sur pattes et trapu, le takin ordinaire porte un pelage marron aux poils hirsutes, avec la tête et les pattes noires. Il pèse entre 300 et 600 kg et mesure de 1,70 m à 2,20 m de la tête à la queue. Les pattes font d’un mètre à un mètre trente. La queue courte, large et très poilue est cachée sous la fourrure. L’apparence rappelle la vache. Les cornes, de 50 à 70 cm de long, ont parfois jusqu’à 30 cm de circonférence à la base. Elles poussent à l’horizontale puis se recourbent vers l’intérieur.
Les quatre espèces de takins se différencient par la couleur de leur pelage. L’himalayen est gris foncé, le bhoutanais, marron doré tout en étant aussi plus massif que les autres, avec des cornes plus courtes ; le takin du Sichuan est roux foncé, avec du marron doré au garrot et du gris clair sur le ventre ; le takin doré, le plus beau de tous, est comme son nom l’indique entièrement jaune doré.
Le takin est extrêmement craintif. En dépit de son apparence lourde et maladroite, il peut en cas de danger traverser un terrain accidenté avec une agilité extraordinaire, toujours tête baissée, sa position familière. Lorsqu’il est inquiet, le takin émet un cri d’alerte qui ressemble à une sorte de toux. En période de rut, il tousse d’un ton plus grave.
Les mâles s’affrontent pendant la saison des amours, l’été, parfois jusqu’à la mort.
Les petits naissent au début du printemps après une gestation de huit mois. Capable de marcher dès sa naissance, le petit takin peut, dès l’âge de trois jours, parcourir d’importantes distances. A un mois, il est sevré.
Vivant en temps normal en petits troupeaux, le takin se regroupe l’été en hardes de plusieurs centaines de têtes. Les mâles mènent le troupeau, suivis des jeunes, les femelles fermant la marche. La rencontre d’une harde présente un grand danger pour l’homme car les mâles chargent brusquement pour défendre leurs petits.
Recherché par les Chinois pour sa peau et sa chair, le takin est en passe de disparaître.

Le léopard des neiges

Saa (Panthera uncia)
Le léopard des neiges est un chat sauvage qui vit dans les rocailles en aute altitude, principalement dans les montagnes du nord de l’Asie.
Chasseur nocturne, il parcourt de longues distances à la recherche de ses proies favorites, le mouton argali, l’antilope du Tibet, le chevrotain porte-musc, le lapin des neiges, le mouton bleu ou le loup.
Le léopard des neiges vit de préférence dans les gorges encaissées et les vallées rocheuses des provinces tibétaines. On le trouve aussi dans les montagnes du Chang Thang, dans le Tien Shan Altar, au Kunlun et autres chaînes du Xinjiang. Vivant d’ordinaire entre 5 000 et 6 000 mètres d’altitude, il descend jusqu’à 2 000 ou 3 000 mètres lorsque l’hiver sévit sur les montagnes.
Comme le léopard ordinaire, le léopard des neiges mesure environ un mètre. Il pèse entre 50 et 60 kg. La tête est petite et ronde, les oreilles petites et garnies de longs poils, la fourrure gris clair tachetée de noir avec le poitrail blanc uni. La couleur le différencie de son parent le léopard, ainsi que la longueur de la queue, qui atteint un mètre.
Adepte du camouflage, le léopard des neiges bénéficie d’un pelage assorti à l’environnement qui le rend difficile à repérer.
Animal d’habitudes, le léopard des neiges emprunte toujours le même chemin au cours de ses déplacements dans la montagne. Excellent sauteur, il est capable de bonds de dix mètres en longueur et quatre mètres en hauteur.
Le mâle et la femelle chassent et vivent surtout la nuit, mais séparément. Ils s’accouplent en mars et avril. La femelle donne naissance à deux ou trois petits qu’elle gardera à peu près deux ans avec elle. Comme leurs parents, ces jeunes. vivront une vingtaine d’années.
Chassé pour sa belle fourrure, le léopard des neiges est en voie de disparition. Il figure en bonne place dans le « Livre Rouge » qui recense les espèces menacées du monde entier. Cela ne gêne nullement les chasseurs qui continuent de le poursuivre.

Le singe des neiges

Gangtral (Rhinopithecus biesti)
L’espèce du singe doré se divise en trois groupes, parmi lesquels le singe des neiges. Découvert pour la première fois au XIXe siècle à la source du Yang-Tsê Kiang, sa trace se perd ensuite et on croit la race éteinte. Ce n’est qu’en 1962 qu’un chercheur chinois trouve huit peaux de singe des neiges à la préfecture de Dechen. Puis en novembre 1979, un groupe de scientifiques chinois capture un spécimen vivant.
Cet animal rare vit dans les forêts denses entre 3 350 et 4 000 mètres d’altitude, par groupes d’une dizaine à une centaine d’individus. Les endroits où se rencontrent les plus fortes concen-trations de singes des neiges se situent au sud-est (Dechen, Gyalthang, Balung), le long des berges du Mékong et du Yang-Tsê Kiang et en Chine (monts Yunling Shang).
Le singe des neiges affectionne une température comprise entre +4°C et -25°C. Il se nourrit principalement de feuilles, de jeunes branches et de fruits sauvages. De mai à juillet, il descend de ses montagnes pour manger des pousses de bambou.
Son nom de singe des neiges (Gang Tril en tibétain) se réfère plus à sa fourrure blanche qu’à son habitat ; les Tibétains l’appellent d’ailleurs aussi Tril Kar, ce qui signifie singe blanc.
Cet animal est peu répandu dans le monde. Malgré celà, les Chinois le chassent et utilisent sa cervelle dans leur médecine traditionnelle.

Le yak sauvage

Drong (Bos grunniens)
Le yak sauvage, ancêtre du yak domestique, ne vit qu’au Tibet.
Domestiqué depuis des siècles, on ne le trouve plus à l’état sauvage qu’en très petit nombre dans le Chang Thang (ou plateau du Tibet), région qui s’étend, à une altitude de 4 700 à 6 700 mètres. Les populations utilisent sa bouse séchée comme combustible.
Avant 1949, on trouvait le yak sauvage partout au Tibet. Il se confine maintenant dans les chaînes de montagnes du Kunlun, de Thangla et de Nyenchen Thangla, ainsi qu’au Chang Thang. Régions caractérisées par de rudes tempêtes de neige quand vient l’hiver et de violentes inondations quand la température se radoucit.
Le yak sauvage est herbivore et parcourt des distances considérables pour trouver sa nourriture tôt le matin ou le soir. Ce montagnard résistant se repose le jour sur les pentes abruptes et sèches. Il boit fréquemment et mange de la neige en hiver.
Le yak se déplace en troupeaux d’au moins vingt à trente bêtes, d’au maximum cent à deux cents têtes. S’ils se sentent menacés, les mâles font cercle autour des petits et des femelles et les protègent ainsi jusqu’à ce que le danger soit écarté. En été, les troupeaux ne sont formés que des vaches et des petits, les mâles étant plus solitaires. 
Bien qu’à première vue semblables, le yak domestique et le yak sauvage se différencient facilement par la taille. Le yak sauvage est beaucoup plus grand, d’un mètre soixante à un mètre quatre-vingt au garrot. Il porte des cornes noires bien plus longues, d’environ 90 cm ; les plus grandes trouvées à ce jour mesurent 97 cm de long et 45 cm de circonférence à la base. De la tête à la queue, l’animal atteint aisément 2,50 mètres. En 1937, au bord du Yang-Tsê Kiang, on a même trouvé un spécimen long de 3,68 m et haut de 2,30 m.
Le poids moyen du yak sauvage va de 600 kg à une tonne. Le yak domestique est deux à trois fois plus petit, plus court sur pattes, avec sabots et cornes moins importants. Sa robe est marron foncé, noire ou blanche.
La fourrure du yak sauvage, faite de poils courts et raides sur l’échine, s’agrémente d’une tache blanche sur le museau. Le pelage des flancs pend si bas qu’il semble former une jupe. La fourrure du yak sauvage, grisâtre pendant l’été, fonce en hiver et s’épaissit. Elle se compose alors de deux couches, une bourre dense, courte et laineuse cachée sous des poils plus longs. A la belle saison, l’animal perd sa bourre.
La yak sauvage a la vue très faible mais compense ce handicap par un odorat particulièrement développé et surtout une ouïe incroyable qui lui permet d’entendre à plusieurs kilomètres de distance.
Alors que le yak domestique est docile, le yak sauvage évite l’homme. Malgré sa taille et son aspect rébarbatif, il peut être doux mais devient très agressif s’il se sent provoqué.
Un seul zoo au monde en possède un, en Chine.
Le yak est quasiment exterminé car on le chasse pour son excellente viande. Les survivants demeurent au nord-ouest du Chang Thang et dans une seule réserve, celle d’Arjin Shande, qui s’étend sur 44 000 km2.

Le singe doré

Ser-tral (Rhinopithecus roxellanae)
Le singe doré, découvert récemment au cours d’une expédition scientifique, est propre au Tibet. On le trouve sur une zone du sud-est circonscrite aux régions de Gyalmo Tsarong, de Chugar et du Ngapa Dzong. Cet animal aussi rare que le panda géant fréquente le même type d’habitat. Cependant la constitution du singe doré lui permet d’affronter des altitudes plus élevées que le panda, de l’ordre de 2 500 mètres à 3 500 mètres. Il vit donc dans des climats plus rudes mais peut profiter d’un territoire plus vaste.
Le singe doré mesure environ 70 cm sans la queue, qui fait en général la même longueur que le corps, parfois plus. La face est bleu cobalt, le nez plat, très retroussé, laisse paraître les narines. Le pelage d’un beau brun doré d’où l’animal tire son nom couvre le corps, seulement mélangé de poils gris sur le cou et la queue.
Grégaire, le singe doré se déplace en groupe. Les individus se rassemblent au minimum à vingt ou trente et leurs troupes peuvent compter jusqu’à deux ou trois cents membres.
Le caractère craintif du singe doré joint à ses habitudes nomades rendent son recensement, même approximatif, bien difficile.
Omnivore, le singe doré se nourrit essentiellement de feuilles, baies et fruits, régime qu’il enrichit parfois d’insectes et d’œufs d’oiseaux.
II lui faut craindre deux prédateurs en particulier, le léopard et I’okar, une sorte de chat sauvage. Ces deux fauves attaquent le singe la nuit pendant son sommeil.
Comme le singe doré évite les lieux fréquentés par l’homme, il n’est d’aucune menace pour les cultures. Les chasseurs le recherchent néanmoins pour la qualité et la beauté de sa peau. L’animal tend à se raréfier également à cause de la destruction de son habitat naturel car le déboisement fait rage au Tibet. Il devient de plus en plus exceptionnel de croiser des troupeaux de singes dorés et lorsque l’occasion se présente, on ne dénombre souvent guère plus d’une centaine d’animaux.

Le petit panda

Wob, Thomtra-marchung (Ailurus fulgens)
Plus spécialement concentré au Tibet et dans les pays himalayens, le petit panda appartient à une espèce très ancienne similaire au ragondin d’Amérique du Nord.
Comme le petit panda ne peut survivre aux températures extrêmes, on le rencontre sous les climats modérés du sud et du sud-est, en particulier à Dechen, Gyalthang et Balung ainsi que dans les forêts denses qui agrémentent les basses terres du nord-est. On le trouve aussi en nombre plus restreint au Népal, en Inde (Sikkim) et en Chine. Il affectionne les forêts de bambous entre 1 600 et 3 600 mètres d’altitude.
Le petit panda est omnivore. La base de son alimentation consiste en pousses de bambou, feuilles et fruits mais il lui arrive de grimper aux arbres pour déguster oeufs et oisillons au nid.
Rappelant plus le chat de nos contrées que l’ours, le petit panda mesure entre 55 et 65 cm et pèse de 15 à 20 kg. Sa queue d’une quarantaine de centimètres, noire à l’extrémité, s’orne de neuf bandes blanches et jaunes. Les courtes pattes sont rousses comme le reste du corps. Son nom tibétain d’aku domkar signifie oncle visage blanc mais en fait la tête est tricolore. Le museau, le bout des oreilles, les sourcils et les joues sont blancs ; le nez et la bouche, noirs ; une bande brune raie le nez et les joues.
En général, le petit panda ne se déplace que par groupes de deux à six. Il s’accouple au printemps, entre avril et juin. Le mâle émet alors un cri puissant pour attirer la femelle. Elle met bas trois petits par an. A la naissance, l’animal est tout blanc. Il ne mesure que 6 cm et ne pèse que 100 grammes. Ce n’est qu’au bout de huit jours que le pelage commence à virer au roux foncé. Les jeunes ouvrent les yeux dans les trois premières semaines et restent avec leurs parents jusqu’à l’âge de deux mois.

Le panda géant

Thomtra (Ailuropoda melanoleuca)
Véritable fossile vivant, le panda géant est devenu herbivore il y a un million d’années. Son existence est si menacée qu’il a été choisi pour figurer sur le logo du Fonds Mondial pour la Nature, le WWF. Bien qu’on le connaisse depuis longtemps, la dénomination de panda géant ne lui a pourtant été attribuée qu’en 1936, lorsqu’il fut capturé vivant pour la première fois. Aujourd’hui les Chinois le considèrent comme leur animal national alors qu’il est originaire du Tibet. C’est bel et bien là, en effet, que vivent aujourd’hui 90% des pandas géants.
Pouvant survivre à des climats extrêmes, le panda géant occupe des forêts de bambous très denses à une altitude comprise entre 2,300 et 3,200 mètres, dans la région de Gansu, dans le sud-est. Les moussons importantes apportent à la fois l’eau et la chaleur nécessaires au bambou dont il se nourrit.
Son habitat originel englobait autrefois l’est de la Chine, le nord de la Birmanie et le Vietnam. Il se concentre aujourd’hui dans la vallée de Gyalmo Tsawa, à Drugchu (appelée « région autonome de Khanlho » par les Chinois) ainsi qu’à Szitsadegu et dans la contrée de Namphel (elle-même rebaptisée « région autonome de Ngawa »). On le trouve également dans les collines de Szungchu et de Szenchu dans la province du Sichuan, où on a créé une réserve naturelle ; une autre réserve, à vocation scientifique, a été établie en 1980 dans la région de Lunggu avec le WWF.
Le panda géant, d’une taille légèrement inférieure à l’ours noir, arbore un pelage plus régulier. Seuls le nez, les yeux, les pattes et les épaules sont noirs, le reste du corps est blanc. Il se déplace seul.
Tous les deux ans, la femelle donne naissance à un unique petit. A la suite de la mise bas, elle jeûne comme une ourse. La reproduction en captivité est extrêmement rare.
La communauté scientifique mondiale s’interroge encore aujourd’hui sur l’évolution du panda géant. Trois courants d’opinion prédominent. Certains pensent qu’il appartient à la famille des ours, d’autres, à celle du ragondin, les derniers optent pour une famille totalement à part.
Le panda géant était déjà en voie de disparition quand on l’a découvert en 1936, sans qu’on sache avec certitude pourquoi. Quatre hypothèses semblent toutefois prévaloir :

  • c’est indéniablement un fossile vivant ;
  • seul animal dans son cas, il dépend entièrement de la production de bambou dont il consomme 20 kg par individu et par jour. Or le bambou, qui vit de cinquante à quatre-vingts ans, ne fleurit qu’une fois puis meurt. Au cours des deux seules années 1975 et 1976, toutes les forêts de bambous des régions de Namphel et de Drugchu ont séché en même temps après leur floraison simultanée, causant ainsi la mort de près de cent quarante pandas géants ;
  • le panda géant est menacé par l’homme : bien qu’on le sache en danger d’extinction, les Chinois installés dans le sud-est du Tibet continuent de le chasser pour sa peau ;
  • le cycle de reproduction du panda géant est long et tardif. Si le petit naît en hiver, il n’a pas toujours la force de résister aux grands froids.
On estime qu’il existe mille pandas géants disséminés sur environ 15 500 km2. Cette faible population se partage environ vingt-cinq habitats isolés ou entourés de cultures.
En 1981, le gouvernement chinois a créé, avec l’aide du WWF, le Centre de Recherche et de Protection du Panda Géant. Malheureusement, le prix élevé qu’on tire facilement d’une peau contribue à l’extermination de la bête. En Chine, une peau rapporte déjà 3 000 $US, mais à Taïwan on la revend 40 000 $US. En 1987 encore, on a saisi au Japon cent soixante peaux.
Les Chinois persistent néanmoins à utiliser le panda géant comme gage de bonnes relations internationales. En 1984, par exemple, lors des Jeux olympiques aux USA, le gouvernement américain a loué deux pandas géants. Cette exhibition a rapporté quelque 100 000 $US à la Chine. Et tout en se lamentant de la disparition progressive de l’animal, les Chinois l’offrent en gage diplomatique d’amitié. Malheureusement, le panda géant est rarement en mesure de s’adapter au changement d’existence qu’on lui impose alors et finit par périr, comme celui offert au Japon, mort au bout de sept ans. Cependant à Paris, au zoo de Vincennes, on peut toujours admirer Yen-Yen, un mâle offert par la Chine en 1973. Le présent était constitué de deux jeunes, un couple croyait-on. En réalité, il s’agissait de deux mâles, dont l’un n’a survécu qu’un an. http://www.tibet-info.net/www/-Histoire-Geographie-.html

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