Le Tibet en un coup d’oeil. Chronologie historique détaillée du Tibet



Le Tibet en un coup d’oeil



vendredi 22 août 2003 par Rédaction
Superficie2,5 à 3,8 millions de km²
CapitaleLhassa
Population6 millions de Tibétains,
 et estimation de 7,5 millions de Chinois
ReligionLa population tibétaine est bouddhiste à 90 %,
 mais le Bön (religion indigène du Tibet)
 et l’islam sont aussi pratiqués.
LangueLe tibétain (langue de la famille tibéto-birmane).
 La langue officielle est le chinois.
Nourriture de baseLa tsampa (farine d’orge grillée).
Boisson nationaleThé salé au beurre et le tchang (bière tibétaine).
Animaux typiquesYak, dri (femelle du yak), bharal (mouton bleu),
 daim musqué, antilope tibétaine, gazelle
 tibétaine,
 kyang (âne sauvage), pica, et panda.
Oiseaux typiquesGrue à col noir, gyapète barbu, grand
 grèbe à crète, 
oie à tête chauve, canard irisé et ibis.
Problèmes écologiquesDéforestation massive dans l’est du Tibet, 
braconnage des grands mammifères, 
exploitation excessive des ressources 
minérales et naturelles.
Altitude moyenne4300 m
La plus haute montagneChomo Langma (Mont-Everest) 8848 mètres.
Pluviosité moyenneVariable. Dans l’ouest, elle varie entre 1 mm 
en janvier et jusqu’à 25 mm en juillet. 
Dans l’est, entre 25 à 50 mm en janvier
 et jusqu’à 800 mm en juillet.
RessourcesBauxite, uranium, fer, cuivre, chrome, 
charbon, sel, mica, lithium, étain, or et pétrole.
Fleuves principauxZachu (Mekong), Drichu (Yangtse), 
Machu (Huangho), GyalmoNguchu 
(Salouène), Tsangpo (Brahmapoutre), 
Sengé-Khabab (Indus), Langchen-Khabab (Sutlej)
EconomieTibétaine : principalement agriculture et élevage.
 Chinoise : principalement dans l’administration,
 le commerce et les services.
Jours fériés10 Mars (jour du soulèvement) ; 6 juillet
 (anniversaire de S. S. le Dalaï-Lama) ; 
2 Septembre (jour de la démocratie) ; 
2 Octobre (anniversaire de la naissance
 de Mahatma Gandhi) ; 10 Décembre
 (journée mondiale des Droits de l’Homme)
 ; Losar (nouvel an tibétain), 
date exacte selon le calendrier lunaire tibétain.
ProvincesU-Tsang (Tibet central),
 Amdo (Tibet nord-est) et
 Kham (Tibet sud-est).
Pays voisinsInde, Népal, Bhoutan, 
Birmanie, Turkestan oriental, 
Mongolie et Chine.
DrapeauUne montagne avec deux lions des neiges,
 un soleil avec des rayons rouges et bleus.
Chef d’étatSa Sainteté le XIVe Dalaï-Lama,
 en exil à Dharamsala, en Inde.
Chef spirituelSa Sainteté le XIVe Dalaï-Lama,
 (titre complet : Jetsun Ngawang 
Lobsang Yeshi 
Tenzin Gyatso Sisum Wangyur Tsungpa 
Mepai Dhe PaIsangpo).
Gouvernement en exilparlementaire
Gouvernement au Tibetcommuniste
Relation avec la Chinerégime colonial
Statut légalterritoire occupé


Chronologie historique détaillée



 du Tibet


(RÉACTUALISÉE LE 23 DÉCEMBRE 2009)
dimanche 27 avril 2008 par Rédaction , Bureau du Tibet, Paris
Pour répondre à certaines déformations manifestes de l’Histoire du Tibet dans certains médias ces derniers temps (ou par certains hommes politiques, mais également ceux du monde d’affaires ou encore ceux relevant des cercles académiques, y compris des universitaires), voici une chronologie de l’histoire du Tibet, établie par M. Wangpo Bashi
Cette présentation a bénéficié de la collaboration de Laurent Deshayes, auteur de “Histoire du Tibet ” paru chez Fayard en 1997, et “L’épopée des Tibétains : entre mythe et réalité” également paru chez Fayard en 2002, ainsi que de Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, toutes deux tibétologues reconnues et co-auteurs de “Le Tibet est-il chinois ?” paru chez Albin Michel en 2002.
Liens web et quelques précisions ajoutés par Tibet-Info.net

NB : Par préférence, la phonétique des mots tibétains est volontairement présentée dans le sens des lecteurs francophones tout en sachant que la plupart des titres publiés emploient une phonétique empruntée à la langue anglaise.

Histoire ancienne : la monarchie

(La tradition attribue des dates – marquées ici par * – à des personnages et des événements qui ne sont pas attestés historiquement)
- *127 av. J.C : le roi Nyatri Tsenpo accède au trône et s’établit au palais de Youmbou Lagang (Yumbu Lhakhang) dans la vallée du Yarloung Tsangpo (fleuve Brahmapoutre). N.B. *18 rois régnèrent sur le Tibet avant le roi Nyatri Tsenpo.
Date du début du calendrier officiel appelé : “Année Royale Tibétaine” (Boe gyal lo).
- *117 av.J.C. Tshemi Shengyi Mugyal est reconnu comme le fondateur de la religion autochtone, le Bön du Tibet. Plus tard, Bönteun Shénrab (bon ston gshen rab), de Zhangzhung, contemporain du 8ème roi du Tibet, Drigoum Tsenpo, joue un rôle majeur dans la propagation de la religion Bön au Tibet. Selon certaines sources, le fondateur de la religion serait né 600 ans avant J.C. à Zhangzhung dans le Tibet occidental. 
- 617-649/650 après J.C. : règne de Songtsen Gampo, 33ème roi du Tibet et le premier roi selon le Dharma. Unificateur du Tibet (incluant le Zhangzhung à l’ouest) ; conquêtes extérieures et alliances matrimoniales créent un grand empire.
Création de l’alphabet tibétain sur un modèle indien, attribuée à Thonmi Sambhota.
Introduction du bouddhisme au Tibet, construction de temples (dont le Jokhang) : début de la première diffusion du bouddhisme.
- 742-797 (?) : règne de Trissong Détsène, 37ème roi du Tibet et le deuxième roi selon le Dharma. Apogée de l’empire tibétain, grande extension territoriale.
- En 763, l’armée tibétaine envahit Chang An (aujourd’hui X’ian), alors capitale de la Chine. Trissong Détsène impose le bouddhisme comme religion d’Etat. Invitation de maîtres indiens et traduction de textes canoniques.
Construction du premier monastère bouddhique du Tibet à Samyé et ordination des sept premiers moines bouddhistes tibétains.
- 815-838 (?) : règne de Tri Rélpatchèn, 40ème roi du Tibet et le troisième roi selon le Dharma. Faveur accrue donnée au bouddhisme : privilèges accordés aux moines, traductions intensives des œuvres bouddhiques, du sanskrit en tibétain. 
- 822 : traité conclu entre la Chine et le Tibet qui, entre autres, délimite la frontière sino-tibétaine.
N.B. Le texte du traité, signé entre l’empereur du Tibet, Tri Rélpatchèn et l’empereur chinois Mu Tsoung de la dynastie Tang, gravé, en tibétain et en chinois, sur trois stèles de pierre placées à la capitale chinoise, à la frontière et à Lhassa (toujours visible devant le Jokhang). Premier traité international entre deux puissances ?
- 838-842 (?) : règne de Langdarma ou Tri D’arma, 41ème roi et dernier souverain tibétain, mort assassiné (par un moine tibétain Lhaloung Pélgyi Dorjé, selon la tradition, en réponse à sa persécution supposée du bouddhisme).
Fin de l’empire tibétain et de la première période de la diffusion du bouddhisme.

Constitution et hégémonie des écoles bouddhiques

- 842 (?) -1247 : période de chaos politique et absence d’autorité centrale au Tibet.
- Xème-XIIème siècles : renaissance du bouddhisme au Tibet central et dans le royaume occidental de Ngari ; intense activité religieuse de Rintchène Zangpo (958-1055) et arrivée (1042) du grand savant indien Atisha Dipankara.
Début de la deuxième diffusion du bouddhisme. Construction des monastères sièges des écoles bouddhiques nouvelles : Réting (1057, Kadampa), Sakya (1073), Dènsathil (1158, P’agmodroupa, Kagyupa), Drigoung (1179). En réaction, constitution des écoles nyingmapa (les Anciens) et bönpo.
- 1165 : Benjamin de Tudèle, le grand voyageur juif, a été le premier en Europe à faire mention du pays “Tibet”, à la suite de sa visite à Samarkande en Asie centrale (Ouzbékistan actuel).
- 1247 : le hiérarque Sakya pandita (1182-1251), sur l’injonction du prince mongol Godan, se rend à sa cour, accompagné de son neveu P’agpa (1235-1280). Chargé de convaincre les hiérarques tibétains de se soumettre au pouvoir mongol, il est à l’origine de l’hégémonie sakyapa sous l’autorité mongole.
- 1260 : Kubilaï (futur fondateur de la dynastie Yuan en Chine) devient Grand Khan. P’agpa, envoyé à sa cour, établit avec Kubilaï la relation de maître spirituel à disciple donateur laïc (tcheuyeune ou chöyön) ; il est chargé d’administrer les affaires bouddhiques et tibétaines. Vingt Lamas de Sakya lui succèderont.
- 1279-1368 : dynastie mongole des Yuan en Chine. Le bouddhisme tibétain devient religion officielle de la dynastie.
- 1357 : naissance de Tsongkhapa (mort en 1419), qui fonde l’école guéloug, avec le monastère de Ganden (1409).
- 1358 : Jangtchoup Gyaltsén, hiérarque de P’agmodrou vainc les Sakyapa et instaure l’hégémonie P’agmodroupa au Tibet central.
- 1368-1644 : dynastie chinoise des Ming.
- 1416 : construction du monastère de Drépoung.
- 1419 : construction du monastère de Séra.
- 1358-1642 : règne des P’agmodroupa, purement nominal après la prise du pouvoir par les gouverneurs de Rinpoung (1434-1565), puis par les princes du Tsang (1565-1642).
- 1578 : attribution par le prince mongol Altan Khan du titre de Dalaï-Lama (“Océan de sagesse”) à la troisième incarnation d’un disciple de Tsongkhapa, qui est appelé le troisième Dalaï Lama.
- 1589-1617 : le IVe Dalaï Lama est trouvé dans la parenté d’Altan Khan.

Avènement des Dalaï Lamas


- 1624 : deux Jésuites portugais, Antonio de Andrade et Manuel Marques, atteignent le Tibet occidental - Royaume de Gougué (Guge).
- 1626 : ils fondent la première église chrétienne sur la terre tibétaine à Tsaparang au Tibet occidental.
- 1642 : le Vème Dalaï Lama Ngawang Lobsang Gyatso (1617-1682) reçoit le pouvoir temporel et spirituel sur le Tibet des mains du prince mongol Gushri Khan.
- Fondation du gouvernement appelé, jusqu’à nos jours, “Ganden P’odrang” et construction du Potala.
- 1644-1911 : dynastie mandchoue des Qing en Chine.
- Le bouddhisme tibétain est l’une des religions officielles de la Chine.
- 1660 : Johannes Grueber, jésuite autrichien et Albert d’Orville, jésuite belge, atteignent la capitale du Tibet, Lhassa.
- 1697 : le VIème Dalaï Lama, Tsangyang Gyatso (né en 1683 à Tawang, aujourd’hui Arunachal Pradesh en Inde) prononce tardivement ses vœux monastiques car étant donné la situation politique extrêmement fragile du pays, le régent de l’époque cache d’une part le décès du Vème Dalaï Lama et d’autre part, la reconnaissance et l’éducation du VIème Dalaï Lama pendant 15 ans.
- 1700 et suivantes : installation de garnisons chinoises dans l’est de la province du Kham.
- 1705 : Le chef mongol Lhassang (Lhazang) Khan veut s’imposer, fait assassiner le régent du Tibet, Déssi Sangyé Gyatso et présente un autre enfant né à Tshawa Pakshoe (Kham), Ngawang Yéshé Gyatso comme étant le VIème Dalaï Lama.
- 1706 : Tsangyang Gyatso, VIème Dalaï Lama, est mis en résidence surveillée, puis contraint à l’exil en Mongolie (ou en Chine). Il décède (assassinat ?) sur une route de l’Amdo.
- 1720 : ingérence de chefs mongols et installation du VIIème Dalaï Lama Kelsang Gyatso par une armée mandchoue. Réorganisation du gouvernement tibétain, supervisé par un représentant mandchou de l’empereur appuyé par une garnison chinoise.
- 1728 : le Kham oriental est annexé par la Chine (cette région correspond aujourd’hui au nord-ouest du Yunnan et à l’ouest du Sichuan).
- 1750-1751 : mouvements anti-chinois au Tibet, l’empereur Qianlong (Chien Lung) y impose des réformes et un protectorat de facto.
- 1763 : frappe de monnaie tibétaine sur le modèle des monnaies népalaises en cours depuis 1640.
- 1765 : premier dictionnaire anglais-tibétain rédigé par un Père italien.
- Juin 1788 : au Népal, règne de Prithivi Narayan Shah, roi Gurkha.
- Première guerre provoquée par le Népal contre le Tibet.
- Juin 1791 : deuxième guerre entre le Tibet et le Népal.
- Intervention chinoise.
- Juin 1792 : traité signé entre le Népal et le Tibet à Katmandou.
- 1793 : promulgation de décrets chinois visant à contrôler les affaires religieuses tibétaines.
- Fin 18ème siècle - années 1860 : la Grande-Bretagne et la Russie, par des annexions ou des traités, étendent leur influence vers le Tibet (régions himalayennes, territoires mongols et turco-mongols). Le Tibet devient un enjeu stratégique entre Londres, Saint-Pétersbourg et Pékin.
- 1834 : publication à Kolkata (aujourd’hui Calcutta) du dictionnaire anglais-tibétain par le savant hongrois Alexandre Csoma de Koros, considéré comme le fondateur de la tibétologie.
- 1842 : guerre entre le Ladakh et le Tibet, signature d’un traité.
N.B. Alors que la Chine s’est auto-proclamée protectrice du Tibet, elle n’intervient cependant pas, sous la pression occidentale (Guerre de l’opium 1839-1842).
- 1846 : deux pères lazaristes français, les Pères Huc et Gabet, atteignent Lhassa. [1]
- 1846 : Le Pape Grégoire XVI officialise la mission du Tibet en chargeant la Société des missions étrangères de Paris (SMEP) à évangéliser le Tibet depuis la Chine.
- Années 1850-1860 : Pékin déclare à plusieurs reprises que le Tibet est un territoire indépendant.
N.B. Cette position est soutenue par Pékin face à la diplomatie française qui cherche à obtenir l’aide chinoise pour installer des missionnaires catholiques au Tibet.
- 1853 : Ouverture d’une mission catholique à Bonga au Tibet oriental. Début des efforts de christianisation du Tibet via la Chine.
- 24 mars 1856 : traité entre le Népal et le Tibet signé à Katmandou, le Tibet se reconnaît tributaire du Népal.
N.B. La Chine n’est pas intervenue. Les relations entre le Tibet et le Népal jusqu’à l’invasion chinoise resteront fondées sur le texte du traité de 1856.
- 1857 : Le Père Thomine Desmazures est nommé évêque du Tibet.
- 1876 : naissance du XIIIème Dalaï Lama Thoubtèn Gyatso.
- 1887-1888 : fortes tensions frontalières entre le Tibet et le Sikkim, sous protectorat britannique.
- 17 mars 1890 : traité anglo-chinois de Calcutta, délimitation de la frontière Tibet-Sikkim et protectorat anglais sur le Sikkim.
N.B. La Grande-Bretagne mise sur la carte chinoise, au détriment du Tibet, pour contrecarrer la pression russe. Les autorités tibétaines refusent toute validité de ce traité. Malgré tout, dès lors, le Tibet est défini par les gouvernements occidentaux comme vassal de la Chine.
- 1893 : traité commercial anglo-chinois sur le Tibet, autorisant l’ouverture d’un comptoir britannique. Refus du Tibet ; remise en place des bornes frontières d’avant 1890.
- 1895 : le XIIIème Dalaï Lama assume les pleins pouvoirs.
- 1904 : expédition militaire anglo-indienne du Colonel Younghusband au Tibet. Départ en exil du XIIIème Dalaï Lama vers la Mongolie et la Chine (en 1908).
N.B. Cette expédition fut lancée par l’Inde britannique à la suite des refus obstinés du gouvernement du Tibet d’entamer des négociations et d’ouvrir des relations commerciales avec l’Inde.
- 3 août 1904 : traité anglo-tibétain qui permet l’ouverture de deux comptoirs britanniques au Tibet.
N.B. Le traité fut suivi d’une valse diplomatique Pékin – Saint-Pétersbourg – Londres, les Puissances se partageant ainsi le continent asiatique (territoires mongols, Tibet, Afghanistan, Perse ...).
- 1905-1911 : révolte d’un mouvement nationaliste tibétain dans le Tibet oriental chinois (Sichuan, Yunnan) en réponse à la pression exercée par Pékin (militarisation, exploitation économique, politique anti-bouddhiste ...).
- 1908 : séjour du XIIIème Dalaï Lama à Pékin où il découvre l’existence des nouveaux traités et plaide sa cause, en vain, auprès de l’empereur chinois.
N.B. Durant son séjour, il contacte les diplomates français afin d’essayer de lier avec la France des relations politiques, économiques et culturelles. Après un temps d’hésitation, la France abandonne le Dalaï Lama à son sort, de crainte de nuire à l’entente franco-britannique.
- 1909 : retour du XIIIème Dalaï Lama au Tibet, mais en 1910, devant l’arrivée d’une avant-garde chinoise et la crainte d’une invasion, il s’enfuit et trouve refuge en Inde britannique.
- 1910 - 1912 : séjour en Inde du Dalaï Lama.
N.B. Le Dalaï Lama découvre en Inde les bienfaits d’une bureaucratie et d’une armée bien organisées et envisage alors la modernisation du Tibet. Il entrevoit aussi les avantages qu’il y aurait à s’allier à Londres.
- Oct. 1911 : révolution républicaine en Chine. Fin de la dynastie manchoue des Qing en Chine.
N.B. La situation à Lhassa est chaotique, les factions chinoises se déchirent. Le XIIIème Dalaï Lama en profite pour y déléguer ses agents afin de préparer son retour.
- 1912 : impression et introduction du papier-monnaie et de timbres-poste au Tibet.
- Le Tibet expulse les représentants chinois (Amban) de Lhassa (12 avril ?).
- Janvier 1913 : retour du Dalaï Lama à Lhassa. 
- 14 fév. 1913 : le Dalaï Lama proclame l’indépendance du Tibet.
Traité entre la Mongolie et le Tibet.
N.B. Ce retour ouvre une période de collaboration avec la Grande-Bretagne (ouverture de comptoirs, envoi de Tibétains en Angleterre ...) et de modernisation du pays ; ceci entraîne une cristallisation traditionaliste autour des grands monastères.
- 6 oct. 1913 - juillet 1914 : rencontres et accord tripartite de Simla qui fixe les frontières sud du Tibet selon la ligne McMahon.
- Le Tibet cède une partie de son territoire (North East Frontier Agency, NEFA) à Calcutta ; la Chine ne ratifie pas le traité selon lequel le Tibet se reconnaît pourtant dans l’orbite de Pékin. Par conséquent, le Tibet réaffirme qu’il est libre de tout devoir vis-à-vis de la Chine.
- 1917-1918 : guerre frontalière sino-tibétaine ; victoire tibétaine et signature de l’accord de Rongbatsa plaçant la frontière sino-tibétaine sur le cours du Dritchou (Drichu) – Yangtse en chinois.
- 1922 : ouverture de la ligne télégraphique Lhassa – Calcutta (alors capitale de l’Inde britannique).
- 1924 : émission des monnaies suivant les procédés mécanisés (équipement importé du Royaume-Uni).
- 1925 : opposition du clergé conservateur : le Dalaï Lama suspend ses réformes ; rupture avec la Grande-Bretagne.
- 1932 : guerre frontalière sino-tibétaine ; défaite des Tibétains : la frontière est désormais fixée sur le Dzatchou (Dzachu) ou Mékong.
- 17 déc. 1933 : décès du XIIIème Dalaï Lama Thouptèn Gyatso.
- 1934 : arrivée à Lhassa d’une mission du gouvernement de la Chine nationaliste.
- 6 juillet 1935 : naissance de l’actuel Dalaï Lama, le XIVème, à Taktser, près de Kumbum dans l’Amdo.
- 1936 : reprise des relations avec la Grande-Bretagne ; une mission de l’Inde britannique ouvre à Lhassa. Sir Basil Gould, Political Officer du Sikkim se rend à Lhassa.
NB : Le Political Officer de la couronne britannique en poste à Gangtok au Sikkim a été chargé de trois pays himalayens – le Bouthan, le Sikkim et le Tibet.
- 25 novembre 1939 : neuf membres d’une délégation du gouvernement Guomindang (Kuomintang) de la Chine nationaliste arrivent et s’installent à Lhassa.
- 1940 : intronisation de l’actuel Dalaï Lama Tenzin Gyatso.

Invasion du Tibet

- Mars 1947 : le Gouvernement tibétain demande l’achat d’armes auprès du gouvernement de l’Inde britannique pour se défendre contre la Chine. L’accord est donné.
- Juin 1947 : l’Inde britannique fournit des matériels militaires dont des mitraillettes semi-automatiques, des cartouches, des canons.
- 15 août 1947 : l’Inde devient indépendante.
- Janvier 1949 : Tchiang Kai Shek et son gouvernement capitulent face aux Communistes, et fuient vers Taïwan (Ile de Formose).
- 8 juillet 1949 : Chen Xizhang, Directeur par intérim de la Commission des affaires mongoles et tibétaines reçoit du Gouvernement du Tibet la notice d’expulsion de sa mission.
N.B. Il s’agit d’une mission du gouvernement chinois du Guomindang à Lhassa réouverte le 25 novembre 1939.
- 2 septembre 1949 : le journal chinois communiste Xinhua Pao réagit contre cette expulsion.
- 24 septembre 1949 : Zhu De (Chu Teh) présente pour la première fois son “Programme Commun” et déclare que “la guerre révolutionnaire doit être menée pour libérer Formose, les Iles Pescadores, l’Ile de Hainan et le Tibet”.
- 29 septembre 1949 : le Congrès national populaire (Parlement) approuve le “Programme Commun”.
- 1er octobre 1949 : Mao Tsétoung (Mao Zedong) proclame la République populaire de Chine.
- 1er janvier 1950 : Radio Pékin annonce la prochaine “libération du Tibet”.
- 2 janvier 1950 : Mao Tsétoung envoie un télégramme depuis Moscou confirmant les responsabilités militaires et administratives de la Région militaire nord-ouest (concerne la partie nord est du Tibet).
- 6 janvier 1950 : la Grande-Bretagne reconnaît formellement la République Populaire de Chine.
- Janvier 1950 : Radio Lhassa, opérée par le gouvernement tibétain, relaie pour la première fois des informations en tibétain, en chinois et en anglais (par Reginald Fox).
- 26 janvier 1950 : l’Inde devient une République avec la promulgation de sa Constitution élaborée par Bhimrao Ambedkar.
- 31 janvier 1950 : Radio Lhassa rejette la revendication de Pékin qui considère le Tibet comme faisant partie de la Chine.
- 14 février 1950 : pacte de solidarité entre Staline et Mao Tsétoung.
- Février 1950 : sous la conduite du ministre Shakabpa, le Tibet envoie une délégation vers la Chine, mais pour des raisons politiques, celle-ci n’a pas pu s’y rendre.
- Mai 1950 : premier conflit entre les forces communistes et tibétaines à Denkhog dans la province du Kham.
- 24 juillet 1950 : 600 cavaliers de l’armée chinoise arrivent à Kyégoudo (Jeykundo) au Tibet oriental.
- 1er août 1950 : 130 cavaliers de l’armée chinoise partent du Xinjiang et arrivent à Gyertsé dans Ngari (le Tibet occidental).
- 6 septembre 1950 : le 18ème Corps d’Armée de la Libération populaire chinoise (APL), placé sous le commandement de Zhang Guohuo, arrive à Kardzé (ch. Ganzi, écrit sur cette carte Garzê) au Tibet oriental.
- 7 octobre 1950 : tandis que la guerre de Corée bat son plein, 40 000 soldats de l’Armée populaire de Libération (APL) franchissent le fleuve Dritchou (Yangtse).
N.B. Tous les documents officiels chinois citent cet événement comme étant la “libération pacifique” du Tibet car, pour la Chine communiste, il s’agit de “libérer le Tibet du joug des forces impérialistes occidentales” et “d’éléments réactionnaires”.
- 19 octobre 1950 : Ngabo Ngawang Jigmé, le gouverneur du Kham (Do-tchi), capitule face aux troupes communistes. A cette occasion, la Chine annonce “la liquidation de 5 638 ennemis, 180 soldats tués et blessés”.
- 24 octobre 1950 : L’APL prend le contrôle du chef lieu du Tibet oriental, Tchamdo (Chamdo) à l’issue de 20 batailles contre l’armée tibétaine.
- 26 octobre 1950 : l’Inde proteste formellement contre l’invasion du Tibet par des troupes chinoises.
- Novembre 1950 : La Chine déclare la constitution du Comité de Libération de Tchamdo.
- 1er novembre 1950 : le gouvernement tibétain envoie une lettre au régime communiste.
- 7 novembre 1950 : le Tibet lance un appel à l’ONU.
- 9 novembre 1950 : Ngabo Ngawang Jigmé, désormais entre les mains de la force de l’APL, envoie un télégramme au Gouvernement du Tibet à Lhassa l’informant de la nécessité d’envoyer des émissaires gouvernementaux tibétains à Pékin pour engager des pourparlers.
- 10 novembre 1950 : la Chine communiste fait une première déclaration sur le futur statut du Tibet.
- 17 novembre 1950 : le XIVème Dalaï Lama assume les pleins pouvoirs.
- 9 décembre 1950 : fuite du Dalaï Lama vers la frontière sikkimaise, à Dromo (Yadrong ou Yatung).
- 6 février 1951 : Les émissaires tibétains, Thoupten Legmon et Sampho Tenzin Dhondrup arrivent à Tchamdo (Chamdo).
- 27 février 1951 : Le Gouvernement du Tibet décide d’entrer en négociation avec Pékin.
- 26 avril 1951 : La délégation tibétaine dirigée par Ngabo Ngawang Jigmé et Sampho Tenzin Dhondrup arrive à Pékin.
- 23 mai 1951 : accord en 17 points signé à Pékin entre la Chine et le Tibet, dit “Accord entre le Gouvernement central de la Chine et le gouvernement local du Tibet sur les mesures pour la libération pacifique du Tibet”.
N.B. Accord signé sous la menace d’une invasion du Tibet central, et par des délégués qui n’avaient pas l’autorité du gouvernement du Tibet. Par ailleurs, le sceau-signature des délégués tibétains a été fabriqué sur place à Pékin. Accord accepté par un télégramme du Dalaï Lama à Mao Tsétoung en septembre 1951 ; dénoncé en avril 1959 par le Dalaï Lama à Tezpur (Assam), Inde.
- 27 mai 1951 : Radio Pékin annonce la signature de l’Accord en 17 Points.
- 29 juin 1951 : 280 soldats supplémentaires partent rejoindre les forces APL déjà arrivées à Gyertsé et se dirigent vers Pourang au Tibet occidental.
- 1 juillet 1951 : le 18ème corps de l’armée chinoise quitte Kardzé (Garzê) à destination de Tchamdo (Chamdo)
- 16 juillet 1951 : Routhok au Tibet occidental est “libéré” par l’APL.
- 8 août 1951 : le Général chinois Chang Chin Wu arrive à Lhassa après avoir rencontré le Dalai Lama à Dromo (Yatung ou Yadrong) le 14 juillet 1951.
- 17 août 1951 : retour du Dalaï Lama à Lhassa.
- 22 août 1951 : l’armée chinoise de la région nord-ouest quitte l’Amdo à destination de Lhassa.
- 28 août 1951 : le 18ème corps d’armée sous le commandement de Zhang Gouhuo et Tan Kua Sen, quitte Tchamdo à destination de Lhassa.
- 9 septembre 1951 : plusieurs milliers de soldats de l’APL entrent à Lhassa.
- 15 nov. 1951 : L’armée chinoise arrive à Gyeltsé et à Shigatsé au Tibet central.
- 1 décembre 1951 : L’armée de la région nord-ouest arrive à Lhassa.
- 10 février 1952 : création par la Chine de la Région militaire du Tibet.
- Février 1952 : Expulsion par la troupe communiste chinoise du Père Valentin du Tibet oriental désormais sous contrôle de la Chine. Fin de 106 ans d’efforts de christianisation du Tibet.
- 11 mars 1952 : premier soulèvement à Lhassa des Tibétains contre la présence chinoise.
- 27 avril 1952 : sous pression chinoise, deux Premier ministres tibétains, Lukhangwa et Lobsang Tashi ont été congédiés.
- 24 février 1953 : Ouverture du Bureau du Dalaï Lama à Pékin.
- 6 septembre 1953 : dissolution du Ministère des affaires étrangères du Tibet (bod gzhung phyi rgyal las khungs) et sa fusion avec les Affaires étrangères de la Chine populaire.
- 29 avril 1954 : “Accord de Cinq Principes” ou Pancha Sheel entre l’Inde et la Chine signé à Pékin, par lequel le Tibet est reconnu comme une région de la Chine. L’Inde cède ainsi tous les droits extra-territoriaux et privilèges qu’elle a hérités de la puissance coloniale britannique. La Mission de l’Inde à Lhassa devient simplement “Consulat général”.
N.B. Accord signé sans consultation avec le Tibet. Le Premier ministre indien Nehru a naïvement cru qu’en signant cet accord, la Chine accepterait les délimitations frontalières entre la Chine (c’est-à-dire le Tibet désormais considéré comme une région chinoise) et l’Inde, et ainsi assurerait la paix entre les deux géants de l’Asie.
- 1954 : la Chine se donne une nouvelle Constitution qui exclut tout droit de sécession des régions autonomes. Un article précise que la Chine accorde une “Autonomie régionale”, mais que “les Régions autonomes” font partie intégrante de la République populaire de Chine.
N.B. En 1931, la Constitution de la République soviétique de Jiangxi du mouvement communiste accordait le droit aux régions autonomes de se séparer de la République populaire pour devenir des pays indépendants.
- 15 décembre 1954 : ouverture de la route Qinghaï-Tibet jusqu’à Lhassa.
- 1954-1955 : voyage officiel du Dalaï Lama en Chine.
- 9 mars 1955 : à Pékin, la Chine lance le Comité préparatoire pour la “Région autonome du Tibet” (CPRAT).
- Début 1956 : généralisation des révoltes des Tibétains de la région orientale du Kham contre l’instauration de communes populaires et les attaques contre le clergé.
- 22 avril 1956 : à Lhassa, en présence de Chen Yi, le CPRAT est officiellement inauguré.
- 1956 : accord commercial signé par la Chine avec le Népal. L’article 3 de cet accord stipule que “Tous les traités et documents existant entre le Népal et la Chine y compris ceux entre le Népal et la Région du Tibet de la Chine sont abrogés”.
N.B. L’accord népalo-tibétain de 1856 par lequel le Népal jouissait de droits privilégiés est rendu caduc. La Mission du Népal à Lhassa est désormais considérée simplement comme un “Consulat”.
- Novembre 1956 : le Dalaï Lama se rend en Inde pour célébrer le 2 500ème anniversaire du Bouddha Shakyamouni.
- 1956 : soutien de la CIA aux Tibétains dans l’optique de la lutte de l’Amérique contre le communisme.
- 21 mars 1957 : organisation de la résistance armée tibétaine. Un premier groupe de 6 Tibétains a pu gagner l’île Pacifique de Sa‘pan pour être entraîné par la CIA.
- 16 juin 1958 : formation de Chushi Gangdruk (littér. "Quatre rivières et Six montagnes" qui décrit la géographie de deux provinces orientales du Tibet - Amdo et Kham) à Chagtsa Drigouthang dans le district de Lhokha (au sud du Tibet, à la frontière nord-est du Bhoutan), conduite par Andruk Gonpo Tashi et d’autres dirigeants du Tibet oriental pour mener une résistance armée contre l’invasion chinoise.
- 10 mars 1959 : soulèvement populaire des Tibétains contre l’invasion chinoise à Lhassa.
- 12 mars 1959 : soulèvement des femmes tibétaines à Lhassa contre l’invasion chinoise du Tibet ; plus de 15 000 femmes y participent. Leurs chefs ont été arrêtées et exécutées publiquement par les forces chinoises.
- 16 mars 1959 : fuite en Inde du Dalaï Lama.
- 23 mars 1959 : l’armée chinoise hisse, pour la première fois, le drapeau aux cinq étoiles de la Chine populaire sur le fronton du Palais du Potala.
- 23 mars 1959 : l’armée chinoise hisse, pour la première fois, le drapeau aux cinq étoiles de la Chine populaire sur le fronton du Palais de Potala.
- 28 mars 1959 : Zhou En Laï annonce la dissolution du Gouvernement du Tibet.
- 1er avril 1959 : le Dalaï Lama et son entourage arrivent au poste frontalier de Tchou Tr’angmo (Chudrangmo) et sont accueillis par l’Inde.
N.B. Tous les documents chinois réfèrent ces événements comme l’arrivée de la “réforme démocratique”.
- 15 juillet 1959 : tous les billets de banque et monnaie du Tibet ont été remplacés par la devise chinoise Renminbi.
- 1959-1973 : guérilla. La résistance tibétaine se replie au Mustang (Népal).
- Mars 1964 : le 10ème Panchen Lama est arrêté à Lhassa après avoir apporté son soutien public au Dalaï Lama.
- Août 1964 : à Lhassa, plus de 10 000 étudiants tibétains organisent une manifestation contre la politique chinoise.
- 1965 : découpage administratif du Tibet.
- 1er septembre 1965 : création de la “Région autonome du Tibet” (RAT) qui comprend le Tibet central et occidental, alors que les provinces du Kham et de l’Amdo sont définitivement incluses dans les provinces chinoises du Sichuan, Qinghai, Gansu et Yunnan.
- 1966-1976 : Révolution culturelle en Chine et au Tibet.
- 1969 : Profitant de la situation de chaos qui régnait alors sur la Chine et le Tibet, les Tibétains organisent un soulèvement populaire contre la Chine.
- 9 septembre 1976 : mort de Mao Tsétoung.
- 1978 : début de l’assouplissement de la répression au Tibet.
- 1979 : Deng Xiaoping, dirigeant suprême de la Chine annonce la politique de libéralisation.
- 1980 : voyage de Hu Yaobang au Tibet ; il recommande un changement de la politique chinoise. Relative libéralisation religieuse.
- 1987-1989 : manifestations et soulèvement populaires à Lhassa. Répression violente ; loi martiale proclamée en 1989 par Hu Jintao alors Secrétaire du Parti communiste de la RAT (levée en avril 1990).
- Janvier 1989 : le 10ème Panchen Lama décède à Shigatsé dans son monastère de Tashi Lhumpo. Les circonstances exactes du décès ne sont pas connues à ce jour.
- 10 mars 2008 : soulèvement populaire et manifestations massives, d’abord à Lhassa, puis qui s’étendent dans les régions tibétaines de l’est et du nord-est. La répression chinoise a fait 218 morts (la Chine en mentionne 22), 1 290 blessés et 6 705 emprisonnés chez les Tibétains. Les restrictions du type loi martiale restent en vigueur avec la fermeture aux voyageurs et aux journalistes étrangers de toutes les zones tibétaines.
- 12 mai 2008 : violent séisme au Sichuan qui frappe les populations tibétaines et chinoises.
- 23 décembre 2009 : Décès à Pékin de Ngabo Ngawang Jigme, l’homme qui a négociél’Accord en 17 Points à Pékin le 23 mai 1951.



Exil

- Avril 1959 : exil du Dalaï Lama et des membres de son gouvernement. 80 000 Tibétains les suivent en exil.
– Installation du gouvernement en exil à Mussoorie, au nord de l’Inde.
- 21 octobre 1959 : résolution 1353 votée à l’Assemblée générale de l’ONU sur le Tibet.
- 1960 : le Premier ministre indien, le Pandit Jawaharlal Nehru propose le site de Dharamsala où s’installe définitivement le Dalaï Lama et son gouvernement.
- Février 1960 : premier village tibétain (en anglais : settlement) ouvert à Bylakuppe dans le district de Mysore en Inde du sud. Aujourd’hui, on en compte 54 en Inde, au Népal et au Bhoutan.
- Mai 1960 : première école destinée aux Tibétains ouverte à Mussoorie. Aujourd’hui on en compte 87 en Inde, au Népal et au Bhoutan où plus de 30 000 Tibétains sont scolarisés.
- Juin 1960 : La Commission Internationale des Juristes (CIJ) publie le premier rapport sur le Tibet dans lequel, elle dénonce notamment le "massacre des populations civiles" et les "violations systématiques de l’accord en 17 points" par la Chine.
- Août 1960 : La Commission internationale des juristes publie le 2ème rapport sur le Tibet dans lequel, elle condamne "le génocide au Tibet".
- 2 septembre 1960 : naissance de la première Assemblée des Députés du Peuple Tibétain ( aujourd’hui connue sous le nom du Parlement tibétain en exil).
- 20 décembre 1961 : Résolution 1723 votée à l’ONU sur le Tibet.
- Octobre 1962 : guerre frontalière contre l’Inde déclenchée par la Chine qui veut rectifier sa frontière avec l’Inde.
N.B. A ce jour, la frontière entre l’Inde et l’ex-Tibet (la Chine) n’est pas officiellement délimitée et reconnue par les deux parties malgré plusieurs discussions pour la délimiter. La Chine réclame toujours une partie de la NEFA (Arunachal Pradesh), en particulier Tawang.
- 10 mars 1963 : la Constitution, fondée sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, est promulguée et appliquée au sein du Gouvernement en exil.
- Plusieurs institutions sont nées :
- Ecole de médecine tibétaine (Mentsikhang ou Men-Tsee-Khang),
- Ecole de danses et chants (Tibetan Institute of Performing Arts),
- Différents départements (IntérieurReligion et CultureSécuritéEducationInformation et Relations internationalesSantéFinances), commissions autonomes telles que le plan, élections, audit …
- 27 janvier 1964 : la France reconnaît la Chine populaire et rétablit des relations diplomatiques avec celle-ci.
- 1964 : première explosion d’une bombe atomique chinoise dans le désert de Lop Nor. 
- 1965 : Résolution 2079 votée à l’ONU sur la question du Tibet.
N.B. Ces 3 résolutions onusiennes sur le Tibet qui dénoncent “la privation des droits fondamentaux et des libertés du peuple tibétain, et notamment de son droit à l’auto-détermination”, sont, à ce jour, restées lettre morte.
- Février 1972 : réchauffement des relations sino-américaines avec la visite du Président Richard Nixon à Pékin.
- 1973 : fermeture des bases du Mustang au Népal.
- Premiers déplacements d’un Dalaï Lama en Europe.
- 1973 : introduction des contributions volontaires des Tibétains exilés connues également sous le nom de Green Book.
- Avril 1974 : première explosion d’une bombe nucléaire indienne dans le désert de Thar (Rajasthan).
- 1977 : début de l’assouplissement de la répression au Tibet.
- 1er janvier 1979 : les Etats-Unis d’Amérique reconnaissent la Chine populaire. 
- 1979 : tentative de négociations entre le gouvernement chinois et le Dalaï Lama pour résoudre la question tibétaine.
- 2 août 1979 : la Chine autorise la toute première délégation de l’exil à se rendre au Tibet. La visite successive de trois délégations tibétaines envoyées par Sa Sainteté pour constater les conditions réelles du Tibet est acceptée par les autorités chinoises.
- 1982 : pour la première fois, le Dalaï Lama se rend en France.
N.B. Face au refus du visa français, il n’a pu effectuer de voyages auparavant dans la patrie des Droits de l’Homme !
- Juin 1984 : L’administration en exil annonce le chiffre de 1,2 millions de Tibétains qui ont disparus au Tibet résultant de l’invasion et l’occupation continue de la Chine.
- Septembre 1987 : pour la première fois au Congrès des Etats-Unis, le Dalaï Lama expose son Plan de paix en 5 points pour résoudre la question du Tibet.
NB Ce plan de paix contient cinq éléments fondamentaux :

  1. Transformation de l’ensemble du Tibet en une zone de paix ;
  2. Abandon par la Chine de sa politique de transfert de population qui met en danger l’existence des Tibétains en tant que peuple ;
  3. Respect des droits fondamentaux et des libertés démocratiques du peuple tibétain ;
  4. Restauration et protection de l’environnement naturel du Tibet, ainsi que cessation par la Chine de sa politique d’utilisation du Tibet dans la production d’armes nucléaires et d’ensevelissement des déchets nucléaires ;
  5. Engagement de négociations sérieuses à propos du statut futur du Tibet et des relations entre les peuples tibétain et chinois.
- Juin 1988 : le Plan de paix en 5 points est développé devant le Parlement européen à Strasbourg.
- Juin 1989 : répression sanglante des manifestations d’étudiants sur la Place Tien Anmen à Pékin.
- 10 décembre 1989 : prix Nobel de la Paix décerné au Dalaï Lama. [2]
- 1990 : les membres du cabinet en exil ne sont plus nommés par le Dalaï Lama qui propose de soumettre une liste de 3 personnalités à l’approbation du Parlement en exil.
- 1992 : dernier contact direct entre le gouvernement chinois et le gouvernement tibétain en exil.
- 1994 : le Dalaï Lama déclare avoir échoué dans ses efforts pour trouver une solution négociée basée sur l’ouverture.
- 1997 : introduction du livret des contributions volontaires réservé aux non-Tibétains connu sous le nom de Blue Book.
- 2001 : élection au suffrage direct du chef du gouvernement en exil pour un mandat renouvelable de 5 ans. 
- 27 septembre 2002 : reprise des relations sino-tibétaines. 1er round des contacts sino-tibétains.
- 25 mars 2003 : 2ème round des contacts sino-tibétains
- 12 sept. 2004 : 3ème round des contacts sino-tibétains
- 1er juillet 2005 :4ème round des contacts sino-tibétains
- 15 février 2006 : 5ème round des contacts sino-tibétains
- 1er Juillet 2006 : ouverture de la ligne ferroviaire jusqu’à Lhassa.
- 29 juin 2007 : 6ème round des contacts sino-tibétains. (Cf déclaration)
- 4 mai 2008 : rencontre informelle sino-tibétaine à Shenzhen.
- 2 juillet 2008 : 7ème round des contacts sino-tibétains à Pékin. Voir également :Dialogue Chine - Dalaï Lama : pas de progrès
- 5 novembre 20088ème round des contacts sino-tibétains à Pékin.
- 17 au 22 novembre 2008 : Convocation d’une réunion spéciale de tous les responsables de la communauté en exil pour débattre du cours à suivre sur les relations sino-tibétaines afin de régler le problème du Tibet. 581 délégués participent à cette réunion, la première depuis 60 ans. Il en résulte une union sacrée derrière le Dalaï Lama.


Références recommandées :

en français
- Mon pays et Mon peuple, du Dalaï Lama, Ed. Olizane, 1964, 240 pages.
ISBN 978-2880860189
- Au loin la liberté, du Dalaï Lama, Ed. Fayard, sept. 1990, 380 pages.
ISBN 978-2213025612
- Histoire du Tibet, de Laurent Deshayes, Ed. Fayard, mai 1997, 461 pages.
ISBN 978-2213595023
- Le feu sous la neige, de Palden Gyatso ; Ed. Actes Sud, sept. 1998, 352 pages.
ISBN 978-2742718979
- Tibet Rouge, capturé par l’armée chinoise au Kham, de Robert Ford ; Editions Olizane, Coll. Le Tibet, oct. 1999, 303 pages.
ISBN 2-88086-241-8

en anglais
- Tibet, a political history, par W.D. Shakabpa, 1964, Potala Publications (USA), 369 pages.
ISBN 978-0961147419
- The Dragon in the Land of Snows, a History of Tibet since 1947, publié en 1999 par Tsering Shakya, Pimlico publishing house, London, 608 pages.
ISBN 978-0140196153

en tibétain
- Encyclopédie "gdung dkar tsig mdzo chen mo" - rubrique “dates importantes de l’histoire du Tibet” (pages 2206 à 2385). Publié en 2002 par l’édition d’études tibétaines de la Chine)
ISBN7 80057 540 3/Z.265
- Bod kyi srid don rgyal rabs. (Histoire politique du Tibet en 2 volumes à Kalimpong en 1976) par W.D. Shakabpa (
- Bod chenpoi srid lugs dang ‘brel be’i Rgyal rabs Deb ther dkarpo par Gendun Choephel (1903-1951) [3], publié en 2002 par le Département de l’Education de l’administration tibétaine en exil..

Film
- “Tibet : Histoire d’une tragédie” film documentaire de Ludovic Segarra, co-production du Bureau du Tibet avec France 3, réalisé en 1995. 52 min. disponible en DVD.

Rapports
- “Quelle solution politique pour le Tibet ?” le troisième rapport publié par le Groupe d’Information sur le Tibet du Sénat. Ce document est disponible sur Internet ou en vente (3 euros l’unité ) à l’Espace Librairie du Sénat, Centre d’Information et de documentation, 20 rue de Vaugirard, 75006 Paris.
Tél 01 42 34 21 21 (espace-librairie@senat.fr).

- Le magazine “Actualités tibétaines” publié par le Bureau du Tibet (N° 1 au N° 37).
Sites web :
- sites officiels du Gouvernement tibétain en exil : www.tibet.net (anglais, arabe, russe, hindi..)

en anglais :
- www.phayul.com
- www.dalaïlama.com (site officiel du Dalaï Lama)

en français : www.tibet-info.net



Historique du 10 mars 1959 



à Lhassa.


jeudi 11 février 2010 par Rédaction , Bureau du Tibet, Paris
10 mars 1959 - Soulèvement du peuple tibétain contre l’invasion chinoise.

Historique

C’est au cours des années 1949/50 que les troupes chinoises envahissent le territoire tibétain. Le Tibet lance alors un appel à la communauté internationale qui restera lettre morte. Les troupes communistes écrasent une petite armée tibétaine et bombardent le Fort de Chamdo [1], où siège le Gouverneur du Kham (en tibétain : Dotchi), Ngabo Ngawang Jigmé, qui fut capturé. Le seul occidental présent dans la région, Robert Ford, opérateur de radio au service du gouvernement tibétain, est également arrêté. Il sera relâché après cinq ans d’emprisonnement et de tentatives de lavage de cerveau. Or, le prétexte officiel pour justifier l’intervention militaire chinoise est de "libérer le Tibet du joug des forces impérialistes occidentales présentes au Tibet et de mater les éléments contre-révolutionnaires" dans les populations tibétaines.
Radio Pékin annonce que "les objectifs de l’Armée de libération populaire, pour 1950, sont de libérer Formose [2], Hainan [3] et le Tibet des impérialismes américain et anglais". Or, au moment de l’entrée des troupes communistes chinoises au Tibet, seuls sept occidentaux, en tout et pour tout, vivaient dans l’ensemble du Tibet et parmi eux pas un seul Américain, ni quiconque qui pourrait prétendre au nom d’impérialiste !
Voici la liste de ces Occidentaux :

- Heinrich Harrer (autrichien), réfugié au Tibet au cours de la 2ème guerre mondiale, engagé au projet hydroélectrique et à l’élaboration du plan cartographique de Lhassa qui, par ailleurs, quitta le Tibet dès qu’il pressentit la menace réelle d’une invasion chinoise. [4]
- Peter Aufschnaiter (autrichien) réfugié au Tibet au cours de la 2ème guerre mondiale, engagé au projet hydroélectrique à Lhassa
- Reginald Fox (anglais), opérateur de radio engagé par le Gouvernement du Tibet à Lhassa
- Robert Ford (anglais), opérateur de radio engagé par le Gouvernement du Tibet à Tchamdo.
(Cf bibliographie ci-dessous)
- Hugh Richardson (anglais), ambassadeur à la Mission de l’Inde qui bientôt transféra le pouvoir à un Indien nommé pour le remplacer, l’Inde étant devenue indépendante depuis août 1947
- Geoffroy Bull (anglais), missionnaire chrétien
- Nedbailoff (réfugié russe), électricien engagé au projet hydroélectrique à Lhassa par le gouvernement du Tibet.

Une fois qu’elle eut occupé la moitié du territoire tibétain et atteint la rive du fleuve de Dzachu (Mékong), la Chine obligea le gouvernement du Tibet à entrer en négociation.
Seule face à la Chine, une petite délégation tibétaine fut contrainte de signer, en mai 1951, à Pékin, l’infâme "Accord en 17 Points" dans lequel le Tibet fut forcé d’abandonner sa souveraineté. Aujourd’hui, la Chine s’appuie essentiellement sur ce texte pour légitimer sa présence au Tibet. Mais comme nous le verrons, cet accord fut signé dans des conditions pour le moins rocambolesques.
Dès le début de la discussion, la partie chinoise indiqua clairement qu’il était hors de question de discuter sur le "statut du Tibet" mais seulement "les modalités pour son intégration à la mère-patrie". Les Tibétains n’eurent aucun choix car Li Weihan, l’interlocuteur de Mao Tsétoung, les bien menaça en ces termes : "si vous ne signez pas cet accord, nous donnerons l’ordre à nos troupes (positionnées sur la rive du fleuve Mékong) d’avancer plus vers le Tibet central". Puisque les émissaires tibétains n’avaient aucun pouvoir de signer quoi que ce soit, ils n’avaient pas amené le sceau du gouvernement du Tibet. Finalement, la Chine se résolut à fabriquer sur place à Pékin, des sceaux-signature, qui furent apposés sur chaque signature manuscrite. Cet accord inique sera dénoncé plus tard par le XIVème Dalaï Lama qui par ailleurs l’apprit par Radio Pékin. Il s’ensuivit, pour le Tibet bouddhiste et la Chine communiste, une période de neuf années de coexistence difficile.

Les Tibétains du nord-est (province d’Amdo) et de l’est du Tibet (province du Kham) [5] qui assistèrent les premiers à l’intrusion de l’Armée populaire de libération, fuirent devant la répression chinoise croissante et durent gagner les zones rurales. C’est là qu’une résistance armée s’organisa, laquelle se propagea bientôt dans tout le Tibet. Les provinces de l’Amdo et du Kham furent la scène d’un cycle résistance-répression tristement célèbre dans la mémoire des Tibétains. Il contraignit des milliers de Tibétains à fuir vers le Tibet central et vers Lhassa, relativement plus sûrs. Mais le ressentiment de ces populations, engendré par l’arrogance et la violence avec lesquelles la Chine traitait le gouvernement tibétain, s’abreuva encore des récits de destruction des monastères et de massacres de lamas et de moines que rapportaient les réfugiés venus du Tibet oriental. Bientôt, le mécontentement qui couvait se traduisit par une défiance ouverte à l’égard de la Chine et le rejet de son pouvoir.
En 1958, sous la conduite de Andruk Gonpo Tashi, une armée dite des "résistants volontaires pour la protection du Tibet" (bstan srung dwang blang dmag) fut créée à Lhokha au sud du Tibet. [6]

Comment peut-on honnêtement parler de la "libération pacifique du Tibet" alors que 40 000 hommes de troupe s’activent dans la capitale du Tibet, Lhassa, qui ne comptait que 25 000 habitants ?
Le 10 mars 1959, ce sont des dizaines de milliers d’hommes et de femmes qui descendent dans les rues de Lhassa pour réclamer l’indépendance du Tibet. Ce mouvement de protestation, porté par une population déjà exaspérée, fut réprimé dans un bain de sang. Selon une estimation chinoise, près de 87 000 Tibétains furent massacrés dans le seul Tibet central. Il fallut un peu plus de trois jours à l’Armée Populaire de Libération pour venir à bout du soulèvement, mais elle ne réussit pas à étouffer le mouvement de résistance qui se répandait dans tout le Tibet.
Le soulèvement du 10 mars et sa répression sans restriction eurent pour conséquence la fuite vers l’Inde du Dalaï Lama, des membres de son gouvernement et d’environ 80 000 Tibétains. Le gouvernement tibétain en exil, depuis son siège de Dharamsala [7], petite ville située au nord de l’Inde dans les contreforts de l’Himalaya, a développé, sous la conduite du Dalaï Lama, une résistance non violente à l’occupation chinoise, résistance qui a donné naissance à un Mouvement pour la liberté du peuple tibétain étendu aujourd’hui à l’échelle mondiale.
Le soulèvement du 10 mars 1959 à Lhassa, fut un événement charnière dans l’histoire de la résistance des femmes tibétaines. En effet, le 12 mars 1959, les femmes tibétaines organisèrent une manifestation nationale contre l’invasion chinoise à Lhassa, rejoignant les hommes dans leur résistance active. Environ 15 000 femmes y participèrent. La répression fut tout aussi massive envers les femmes et marqua le début d’une répression totale. Plusieurs milliers de celles-ci furent arrêtées et, plus particulièrement, les dirigeantes de cette manifestation – Kundéling KunsangGaling Shar Choe-laPékong Penpa DolmaTawutsang DolkarDemo ChiméTsong Khang MéméKukarshar KelsangRisur Yangchen qui furent publiquement exécutées par la suite. Sans oublier le sort réservé aux centaines de femmes tibétaines qui dès 1955, se sont engagées dans la résistance armée contre l’invasion chinoise au Tibet oriental comme le démontrent les témoignages de Ama Adhe et Ani Patchen.

Chronologie détaillée des étapes de l’invasion du Tibet par la Chine

Afin de mieux comprendre l’histoire de l’invasion du Tibet, voici une chronologie détaillée :
- 1er octobre 1949 : Mao Tsétoung (Mao Zedong) proclame la République Populaire de Chine.
- 1er janvier 1950 : Radio Pékin annonce la prochaine "libération du Tibet".
- 2 janvier 1950 : Mao Tsétoung envoie un télégramme depuis Moscou confirmant les responsabilités militaires et administratives de la Région militaire nord-ouest (concerne la partie nord-est du Tibet).
- Janvier 1950 : Radio Lhassa, opérée par le gouvernement tibétain, relaie pour la première fois des informations en tibétain, en chinois et en anglais (par Reginald Fox).
- 31 janvier 1950 : Radio Lhassa rejette la revendication de Pékin qui considère le Tibet comme faisant partie de la Chine.
- Février 1950 : sous la conduite du ministre Shakabpa, le Tibet envoie une délégation vers la Chine, mais pour des raisons politiques, celle-ci n’a pas pu s’y rendre.
- Mai 1950 : premier conflit entre les forces communistes et tibétaines à Denkhog dans la province du Kham.
- 24 juillet 1950 : 600 cavaliers de l’armée chinoise arrivent à Jyekundo [8] au Tibet oriental.
- 1er août 1950 : 130 cavaliers de l’armée chinoise partent du Xinjiang (Turkestan oriental) et arrivent à Gyertsé dans Ngari (le Tibet occidental). [9]
- 6 septembre 1950 : le 18ème Corps d’Armée de la Libération populaire chinoise (APL), placé sous le commandement de Zhang Guohuo, arrive à Kardzé [10] au Tibet oriental.
- 7 octobre 1950 : tandis que la guerre de Corée bat son plein, 40 000 soldats de l’Armée populaire de Libération (APL) franchissent le fleuve Dritchou (Yangtse).
N.B. Tous les documents officiels chinois citent cet événement comme étant la “libération pacifique” du Tibet car, pour la Chine communiste, il s’agit de “libérer le Tibet du joug des forces impérialistes occidentales” et “d’éléments réactionnaires”.
- 19 octobre 1950 : Ngabo Ngawang Jigmé, le gouverneur du Kham (Do-tchi), capitule face aux troupes communistes. A cette occasion, la Chine annonce “la liquidation de 5 638 ennemis, 180 soldats tués et blessés”.
- 24 octobre 1950 : L’APL prend le contrôle du chef-lieu du Tibet oriental, Chamdo [<1>] à l’issue de 20 batailles contre l’armée tibétaine.
- 26 octobre 1950 : l’Inde proteste formellement contre l’invasion du Tibet par des troupes chinoises.
- Novembre 1950 : La Chine déclare la constitution du Comité de Libération de Chamdo.
- 1er novembre 1950 : le gouvernement tibétain envoie une lettre au régime communiste.
- 7 novembre 1950 : le Tibet lance un appel à l’ONU.
- 9 novembre 1950 : Ngabo Ngawang Jigmé [11], désormais entre les mains de la force de l’APL, envoie un télégramme au Gouvernement du Tibet à Lhassa l’informant de la nécessité d’envoyer des émissaires gouvernementaux tibétains à Pékin pour engager des pourparlers.
- 10 novembre 1950 : la Chine communiste fait une première déclaration sur le futur statut du Tibet.
- 17 novembre 1950 : le XIVème Dalaï Lama assume les pleins pouvoirs.
- 9 décembre 1950 : fuite du Dalaï Lama vers la frontière du Sikkim, à Dromo (Yadrong ou Yatung). [12]
- 6 février 1951 : Les émissaires tibétains, Thoupten Legmon et Sampho Tenzin Dhondrup arrivent à Chamdo.
- 27 février 1951 : Le Gouvernement du Tibet décide d’entrer en négociation avec Pékin.
- 26 avril 1951 : La délégation tibétaine dirigée par Ngabo Ngawang Jigmé et Sampho Tenzin Dhondrup arrive à Pékin.
- 23 mai 1951 : accord en 17 points signé à Pékin entre la Chine et le Tibet, dit “Accord entre le Gouvernement central de la Chine et le gouvernement local du Tibet sur les mesures pour la libération pacifique du Tibet”.
N.B. Accord signé sous la menace d’une invasion du Tibet central et par des délégués qui n’avaient pas l’autorité du gouvernement du Tibet. Par ailleurs, le sceau-signature des délégués tibétains a été fabriqué sur place à Pékin. Accord accepté par un télégramme du Dalaï Lama à Mao Tsétoung en septembre 1951, puis dénoncé en avril 1959 par le Dalaï Lama à Tezpur (Assam), Inde.
- 27 mai 1951 : Radio Pékin annonce la signature de "l’Accord en 17 Points".
- 29 juin 1951 : 280 soldats supplémentaires partent rejoindre les forces APL déjà arrivées à Gyertsé et se dirigent vers Pourang au Tibet occidental. [13]
- 1 juillet 1951 : le 18ème corps de l’armée chinoise quitte Kardzé (Garzê) à destination de Chamdo.
- 16 juillet 1951 : Routhok au Tibet occidental est “libéré” par l’APL. [14]
- 8 août 1951 : le Général chinois Chang Chin Wu arrive à Lhassa après avoir rencontré le Dalai Lama à Dromo (Yatung ou Yadrong) le 14 juillet 1951.
- 17 août 1951 : retour du Dalaï Lama à Lhassa.
- 22 août 1951 : l’armée chinoise de la région nord-ouest quitte l’Amdo à destination de Lhassa.
- 28 août 1951 : le 18ème corps d’armée sous le commandement de Zhang Gouhuo et Tan Kua Sen, quitte Chamdo à destination de Lhassa.
- 9 septembre 1951 : plusieurs milliers de soldats de l’APL entrent à Lhassa.
- 15 nov. 1951 : L’armée chinoise arrive à Gyantsé et à Shigatsé au Tibet central. [15]
- 1 décembre 1951 : L’armée de la région nord-ouest arrive à Lhassa.
- 10 février 1952 : création par la Chine de la Région militaire du Tibet.
- 11 mars 1952 : premier soulèvement à Lhassa des Tibétains contre la présence chinoise.
- 27 avril 1952 : sous pression chinoise, deux Premier ministres tibétains, Lukhangwa et Lobsang Tashi ont été congédiés.
- 6 septembre 1953 : dissolution du Ministère des affaires étrangères du Tibet (bod gzhung phyi rgyal las khungs) et sa fusion avec les Affaires étrangères de la Chine populaire.
- 29 avril 1954 : "Accord de Cinq Principes" ou Panchsheel [16] entre l’Inde et la Chine signé à Pékin, par lequel le Tibet est reconnu comme une région de la Chine. L’Inde cède ainsi tous les droits extra-territoriaux et privilèges qu’elle a hérités de la puissance coloniale britannique. La Mission de l’Inde à Lhassa devient simplement "Consulat général".
N.B. Accord signé sans consultation avec le Tibet. Le Premier ministre indien Nehru a naïvement cru qu’en signant cet accord, la Chine accepterait les délimitations frontalières entre la Chine (c’est-à-dire le Tibet désormais considéré comme une région chinoise) et l’Inde, ce qui assurerait la paix entre les deux géants de l’Asie.
- 1954 : la Chine se donne une nouvelle Constitution qui exclut tout droit de sécession des régions autonomes. Un article précise que la Chine accorde une "Autonomie régionale", mais que les "Régions autonomes" font partie intégrante de la République populaire de Chine.
N.B. Or en 1931, la Constitution de la République soviétique de Jiangxi du mouvement communiste accordait le droit aux régions autonomes de se séparer de la République populaire pour devenir des pays indépendants.
- 15 décembre 1954 : ouverture de la route Qinghaï-Tibet jusqu’à Lhassa.
- 1954-1955 : voyage officiel du Dalaï Lama en Chine.
- 9 mars 1955 : à Pékin, la Chine lance le Comité préparatoire pour la "Région autonome du Tibet" (CPRAT).
- Début 1956 : généralisation des révoltes des Tibétains de la région orientale du Kham contre l’instauration de communes populaires et les attaques contre le clergé.
- 22 avril 1956 : à Lhassa, en présence de Chen Yi, le CPRAT est officiellement inauguré.
- 1956 : accord commercial signé par la Chine avec le Népal. L’article 3 de cet accord stipule que "tous les traités et documents existant entre le Népal et la Chine y compris ceux entre le Népal et la Région du Tibet de la Chine sont abrogés".
N.B. L’accord népalo-tibétain de 1856 par lequel le Népal jouissait de droits privilégiés est rendu caduc [17]. La Mission du Népal à Lhassa est désormais rétrogradée au statut d’un "Consulat".
- Novembre 1956 : le Dalaï Lama se rend en Inde pour célébrer le 2 500ème anniversaire du Bouddha Shakyamouni.
- 1956 : soutien de la CIA aux Tibétains dans l’optique de la lutte de l’Amérique contre le communisme.
- 21 mars 1957 : organisation de la résistance armée tibétaine. Un premier groupe de 6 Tibétains a pu gagner l’île Pacifique de Saipan pour être entraîné par la CIA. [18]
- 16 juin 1958 : formation de Chushi Gangdruk (littér. "Quatre rivières et Six montagnes" qui décrit la géographie de deux provinces orientales du Tibet - Amdo et Kham) à Chagtsa Drigouthang dans le district de Lhokha, conduite par Andruk Gonpo Tashi et d’autres dirigeants du Tibet oriental pour mener une résistance armée contre l’invasion chinoise.
- 10 mars 1959 : soulèvement populaire des Tibétains contre l’invasion chinoise à Lhassa. [19]
- 12 mars 1959 : soulèvement des femmes tibétaines à Lhassa contre l’invasion chinoise du Tibet : plus de 15 000 femmes y participent. Leurs chefs ont été arrêtées et exécutées publiquement par les forces chinoises.
- 16 mars 1959 : fuite en Inde du Dalaï Lama.
- 23 mars 1959 : l’armée chinoise hisse, pour la première fois, le drapeau aux cinq étoiles de la Chine populaire sur le fronton du Palais du Potala.
- 28 mars 1959 : Zhou Enlaï annonce la dissolution du Gouvernement "local" du Tibet.
- 1er avril 1959 : le Dalaï Lama et son entourage arrivent au poste frontalier de Tchou Tr’angmo (Chudrangmo) et sont accueillis en Inde.
N.B. Tous les documents chinois réfèrent ces événements comme l’arrivée de la “réforme démocratique”.
- 15 juillet 1959 : tous les billets de banque (sang) et monnaie (tamka) du Tibet ont été remplacés par la devise chinoise Renminbi.
- Mars 1964 : le 10ème Panchen Lama est arrêté à Lhassa après avoir apporté son soutien public au Dalaï Lama.
- Août 1964 : à Lhassa, plus de 10 000 étudiants tibétains organisent une manifestation contre la politique chinoise.
- 1965 : découpage administratif arbitraire du Tibet.
- 1er septembre 1965 : création de la “Région autonome du Tibet” (RAT) qui comprend le Tibet central et occidental, alors que les provinces du Kham et de l’Amdo sont définitivement incluses dans les provinces chinoises du Sichuan, Qinghai, Gansu et Yunnan.

Commémoration du soulèvement

Chaque année, où qu’ils soient, les Tibétains commémorent le 10 mars, pour qu’eux-mêmes se souviennent et pour rappeler au monde que ceux qui sont morts pour la cause de la liberté ne sont pas morts en vain, que leur mort est un sacrifice juste et noble, consenti pour que puisse renaître un Tibet libre.
En France, comme chaque année, une manifestation commémorative nationale du 10 Mars 1959 est organisée à Paris tandis que dans plusieurs villes de provinces, des manifestations commémoratives sont organisées par des réseaux des associations et groupes de soutien au peuple tibétain. Pour plus de détails, consulter les sites : Tibet-info.net ou tibetan.fr.

Action "Drapeau pour le Tibet"

Depuis 1996, plusieurs communes en France et en Europe, ont décidé de hisser le drapeau du Tibet autour du 10 mars pour manifester leur solidarité envers le peuple tibétain et ainsi soutenir la lutte non-violente de Sa Sainteté le Dalaï Lama dans sa recherche de solution négociée avec la Chine pour résoudre durablement le problème du Tibet.
C’est ainsi qu’en France, près de 500 communes arborent une fois par an le drapeau du Tibet et plus de 300 communes ont décidé de le hisser de façon permanente. Ces actions ont pris de l’ampleur et depuis, sont suivies dans de nombreux pays européens. Emues par les répressions brutales des forces chinoises contre les manifestants tibétains au cours du printemps 2008, plusieurs centaines de mairies se sont déclarées solidaires de cette action. Par ailleurs, plus de 400 mairies ont hissé les couleurs du Tibet lors des JO de Pékin. [20]
Pour la première fois, le 10 mars 2006, la Ville de Paris et le Conseil régional d’Ile-de-France, ont décidé de hisser le drapeau du Tibet dans le cadre d’une cérémonie officielle afin de montrer leur solidarité au peuple tibétain. [21]
Depuis 1991, plus de 200 communes dans l’Hexagone ont également décidé de parrainer un ou plusieurs prisonniers d’opinion tibétains détenus par les autorités chinoises.
Cette action bénéficie d’un grand écho sur le plan national et international. La Chine demeure très sensible à cette marque de soutien manifesté par les élus représentant les populations d’un pays dont la devise est "Liberté, Egalité, Fraternité". Ces actions comptent beaucoup dans la poursuite du dialogue initié par Sa Sainteté le Dalaï Lama qui, plus que jamais, est déterminé à poursuivre le combat pour son peuple en s’appuyant sur les valeurs de la démocratie, de la justice et de la liberté. Il est également important de se rappeler que le peuple tibétain, dans sa très grande majorité, mène une résistance active de non-violence et ce dans des conditions extrêmement contraignantes que vous connaissez tous.

Aujourd’hui au Tibet, hisser ce drapeau est considéré par les autorités chinoises comme un acte “séparatiste ” portant atteinte à la “sécurité de l’Etat”. De ce fait, cela reste puni d’une peine très sévère ! C’est pourquoi l’acquisition d’un drapeau tibétain dans notre monde libre, constitue un acte hautement symbolique et représente votre soutien indéfectible au combat non violent que mène le peuple tibétain depuis 1950 face aux répressions des autorités chinoises.

Références bibliographiques

- "Au loin la liberté", SS le Dalaï Lama,
Ed. Fayard, sept. 1990, 380 pages, 25 €.
- Autobiographie du Dalaï Lama
ISBN 978-2213025612

- "Tibet Rouge, capturé par l’armée chinoise au Kham", Robert Ford,
Ed. Olizane, oct. 1999.
- Récit de et par Robert Ford.
ISBN 2-88086-241-8

- "Le feu sous la neige", Palden Gyatso.
Ed. Actes Sud, sept. 1998, 352 pages.
- Récit autobiographique de Palden Gyatso qui a survécu 32 ans de camps de concentration et de tortures pour son engagement politique.
ISBN 978-2742718979

- "Ama Adhe, Voix de la mémoire", Adhe Tapontsang.
Ed. Dangles, fév. 1999, 304 pages, broché, 15 €.
- Récit d’Ama Adhe qui a survécu 27 ans de camp de concentration et de torture pour avoir assisté son époux qui menait dès 1955 des résistances armées dans la région du Kham contre l’armée chinoise.
ISBN 2703304900

- "Et que rien ne te fasse peur", Ani Patchèn, Adelaïde Donnelley.
Ed. Nil, février 2001, 300 pages, 20,13 €.
- Récit de Ani Patchen qui a survécu près de 22 ans de camps de concentration et de torture pour avoir mené la résistance contre l’armée chinoise.
ISBN 9782841112159

- "Tibet, histoire d’une tragédie", Kim Yeshi.
Ed. La Martinière, mars 2009, 285 pages, 25 €.
- Récit sur l’histoire du Tibet contemporain par Kim Yeshi assortie des images inédites d’une grande valeur historique.
ISBN 273243700X

Source : Bureau du Tibet, Paris, février 2010.
Notes et commentaires de Tibet-info.net

Voir également la Chronologie historique détaillée du Tibet pour l’histoire du Tibet depuis ses origines. http://www.tibet-info.net/www/-Histoire-Geographie-.html

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