Littérature & poésie

La culture tibétaine s’exprime également par ses auteurs modernes.
Voici quelques exemples traduits d’auteurs tibétains contemporains.

"Neige", de Pema Tseden

TRADUCTION PAR FRANÇOISE ROBIN ET BRIGITTE DUZAN
vendredi 4 janvier 2013 par Rédaction , Jean-Paul Ribes
"Neige", de Pema TsedenIl faut encore une fois saluer le travail de Françoise Robin [1] qui, avec une persévérance digne d’éloge, s’emploie à nous donner accès à la littérature tibétaine contemporaine.
Dernière traduction en date, avec le concours de Brigitte Duzan [2] pour les textes en langue chinoise, "Neige" est un recueil de sept nouvelles écrites par Pema Tseden [3] de 1994 à 2011. L’auteur est un écrivain reconnu, aussi bien pour ses ouvrages écrits en mandarin qu’en tibétain, et comme beaucoup de membres de sa génération, manie aussi bien les deux langues. Mais il est encore plus connu pour son œuvre cinématographique, dont le dernier titre "old dog" [4] a été présenté et primé dans de nombreux festivals internationaux.
"Neige" est un livre attachant. Talent narratif, dessin des personnages, émotion, retenue du récit, en sont les principales qualités.

Dans les années ’80, suivre les enseignements de maitres tibétains passait pour une coquetterie exotique et vaine. "C’est une pensée pour Orientaux", entendait-on. De même, il n’est pas rare de voir la culture tibétaine affublée, notamment par les Chinois, de qualificatifs de "folklorique" ou "exotique".
C’est gravement se méprendre sur le caractère universel de cette culture.
Certes elle affirme sa spécificité, par son cadre, voire même le déroulé narratif, la psychologie de ses personnages, l’évocation de traditions culturelles.
Mais ce qui ressort est d’une autre dimension, plus complexe, qui nous rend les personnages proches, bien au-delà de leur différence.

Certains amis du Tibet pourront, à juste titre se poser la question de la possibilité d’une création littéraire dans les conditions politiques et sociales du Tibet d’aujourd’hui.
C’est précisément toute la richesse de l’œuvre de Pema Tseden que de nous décrire ce Tibet partagé entre l’influence grandissante de la Chine et la persistance d’une identité qui tente de survivre sans s’enfermer dans la seule tradition. On pense aux grands auteurs de la littérature maghrébine, souvent en langue française, que furent Kateb Yacine ou Mouloud Feraoun.
C’est ici au lecteur à faire preuve de discernement et de comprendre toute l’ironie de "petite natte" récitant par cœur et d’une seule traite le "servir le peuple" de Mao devant des apparachiks stupéfaits et admiratifs. De même comment faut-il comprendre la transparence absolue du corps des deux "Neige", le garçon et la fille, qui ne cache rien du fonctionnement de leurs organes. Ou encore la lente recherche d’Akhu Thöpa ou l’on voit se dessiner une personnalité multiple, au fur et à mesure des témoignages.
La destruction des stéréotypes, finalement, est le plus sûr moyen de s’approcher et probablement d’aider une culture en mutation. Et c’est aussi la garantie d’un vrai plaisir de lecture.


Sept histoires du Tibet par un écrivain qui est aussi un célèbre cinéaste tibétain.
Sept histoires où nous cheminons un moment en compagnie d’hommes et de femmes dans le Tibet d’aujourd’hui, loin d’une image folklorique ou idéaliser, un Tibet lointain par ses paysages et proche par son humanité.

"Neige", Pema Tseden, Editions Philippe Picquier
175p. 17€50.
ISBN 2.8097.0392.4
Sortie le 4 janvier 2013

- Fiche et extraits sur le site de l’éditeur.
- Biographie de Pema Tseden sur le site du Festival International du Film de La Rochelle



Revue Siècle 21, N°18 : Littérature contemporaine du Tibet
CollectifLa fosse aux ours, 2011

Collection : Siècle 21



La littérature tibétaine, vivace et plurielle, est pratiquement inconnue hors du cercle restreint de ses lecteurs et de quelques spécialistes occidentaux. Pourtant l'écriture est aujourd'hui un des principaux canaux d'expression culturelle pour les Tibétains du Tibet mais aussi de l'exil. Privés de leur pays, les Tibétains exercent leur souveraineté sur la république des lettres. Une littérature moderne, loin des images exotiques de circonstance.
Une trentaine d'auteurs (prose, poésie, essais), dont les plus jeunes sont nés dans les années 980, et qui vivent au Tibet ou en exil.

Les pavots rouges
AlaiPicquier, 2010

Collection : Picquier poche



Alai est né et a grandi dans cette région du Tibet frontalière avec la Chine, dont les paysages éblouissants servent de cadre à l'épopée d'un puissant clan tibétain dans la première moitié du XXe siècle.
Elle est racontée par le fils cadet de son chef, considéré comme un " idiot ", dont le regard décalé révèle les secrets, intrigues, amours et haines cachés derrière les luttes de pouvoir. Quand le chef de clan accepte de faire pousser des graines de pavots fournies par les nationalistes chinois, il sème aussi les graines de la fin d'un monde. Un roman tibétain nourri de rêves, de violence, de magie et de drame.
Traduit de l'anglais par Aline Weill.
Le vol du paon mène à Lhassa
Bernard, ElodieGallimard, 2010

Collection : Le sentiment géographique



Peu de temps après les émeutes de 2008 à Lhassa, alors que la planète regarde vers les Jeux olympiques de Pékin, la situation dans l'Ouest chinois est verrouillée. Hors d'un groupe organisé, le séjour pour de simples voyageurs en République autonome du Tibet n'y est plus toléré. Sont nécessaires un guide, un chauffeur et un permis sur lequel sera retranscrit l'exact tracé des chemins empruntés au cours du périple, de manière à contrôler toutes les informations qui sortent duTibet.
Élodie Bernard, alors âgée de 24 ans, a choisi de pénétrer seule et sans autorisation sur le Toit du Monde, pour s'immerger dans la société tibétaine, observer la vie quotidienne dans les villes et les campagnes, assembler des témoignages de l'intérieur sur la répression en cours.
En se déplaçant au gré des rencontres, sans itinéraire prédéterminé, elle a interrogé des dizaines de personnes qui, attachées à leur terre, ne souhaitent pas fuir en exil et s'efforcent de continuer de vivre selon leur culture et leurs coutumes. En partageant gîte et couvert, ces gens lui livrent leur vision de la vie et le sens de leur combat quotidien.

La montagne de minuit
Blas de Roblès, Jean-MarieZulma, 2010




Au coeur de ce roman, un personnage hors du commun : Bastien, gardien d'un lycée jésuite et secrètement passionné par tout ce qui concerne le Tibet et le lamaïsme. Tenu à l'écart de son voisinage pour d'obscurs motifs, le vieil homme vit plus solitaire qu'un moine bouddhiste.
L'aventure commence à Lyon, par la rencontre entre le vieux sage et Rose, nouvellement emménagée avec son petit Paul. Séduite par l'étrangeté du personnage, cette dernière s'attache à lui au point de lui permettre d'accomplir le voyage de sa vie...
«Entamée comme une évocation intime et émouvante, conclue comme une réflexion aux résonances profondes sur les pouvoirs et les dangers de la fiction, du mythe et des contes, La Montagne de minuit captive par son récit maîtrisé jusque dans ses moindres détails. Ce qui pourrait apparaître comme cliché ou déjà-lu y sonne étonnamment juste, tout didactisme en est exclu et la complexité de la polyphonie qu'il met en oeuvre ne nuit en rien à son charme. (...) En peu de pages, Blas de Roblès parvient à ouvrir tellement de portes dans l'esprit de son lecteur que son roman, s'échappant de son cadre et de ses circonstances, se fait merveilleuse matière à réflexion et à apprentissage.» Le Monde du10/09/2010
La fuite à travers l'Himalaya : les enfants du Tibet sur le chemin de l'exil.
Blumencron, MariaGlénat, 2007

Collection : Hommes et montagnes



En avril 2000, un jeune moine et six enfants tibétains, mal habillés, mal chaussés et avec juste assez de nourriture, partent du Tibet pour l'Inde en passant par le Népal. Ils veulent rejoindre le dalaï-lama et la diaspora tibétaine, mais doivent lutter contre la neige, la faim, la fatigue et la peur d'être arrêtés. M. Blumencron a suivi leur expédition et en a tiré un film et ce livre.
Traduit par Agnès Boucher.
A travers le Tibet inconnu: de Paris au Tonkin
Bonvalot, GabrielOlizane, 2008




Ce récit relate une partie du voyage qu'entreprirent en 1889 Gabriel Bonvalot et le prince Henri d'Orléans. Leur objectif était de rejoindre, par voie terrestre, les nouvelles possessions coloniales françaises en Indochine.
Le récit de Bonvalot décrit leur périple au jour le jour, avec la précision et la concision d'un reporter, sans jamais se perdre dans de grandes digressions philosophiques. Les faits les plus insolites sont évoqués avec une retenue et un réalisme excluant tout sensationnalisme. Pourtant, les voyageurs sont confrontes aux pires difficultés dans l'une des régions les plus inhospitalières de la planète, a des altitudes situées entre 4000 et 6000 m et par des températures hivernales se situant le plus souvent en - dessous de -20° C.

Un ermite dans l'Himalaya
Brunton, PaulSerpent à plumes, 2006

Collection : Motifs



Auteur d'un premier livre intitulé L'Inde secrète, Paul Brunton retourne en Inde en 1936, cette fois pour séjourner dans le royaume peu connu du Tehri-Garhwal, aux confins du Népal et du Tibet. Initié lors de son premier séjour par Ramana Maharshi, Brunton est décidé à faire une véritable retraite, consacrée à la méditation. Son séjour en altitude sera émaillé de rencontres inattendues et d'histoire surprenantes qui enrichissent cet esprit curieux et nourrissent sa réflexion, qu'elle porte sur l'histoire, la religion, la politique, le yoga, l'art de Charlie Chaplin ou la simple et magnifique beauté de la nature.


Traduit par Patrice Repusseau.

Grand Tibet et vaste Chine
David-Néel, AlexandraPlon, 1999




Les récits d'une grande exploratrice, entre 1920 et 1924 et entre 1937 et 1946, aux confins alors presque inconnus de la frontière sino-tibétaine.
« À vrai dire, j'ai le mal du pays pour un pays qui n'est pas le mien. Les steppes, les solitudes, les neiges éternelles et le grand ciel clair de "là-haut" me hantent ! Les heures difficiles, la faim, le froid, le vent qui me tailladait la figure [...] les camps dans la neige, dormant dans la boue glacée, et les haltes parmi la population crasseuse jusqu'à l'invraisemblance, la cupidité des villageois, tout cela importait peu, ces misères passaient vite et l'on restait perpétuellement immergé dans le silence où seul le vent chantait, dans les solitudes presque vides même de vie végétale, les chaos de roches fantastiques, les pies vertigineux et les horizons de lumière aveuglante. Pays qui semble appartenir à un autre monde, pays de titans ou de dieux. Je reste ensorcelée.»
Ce sont à la fois les hauts plateaux tibétains et les confins nord-ouest de la Chine himalayenne que célèbrent avec une nostalgie poignante ces lignes d'Alexandra David-Néel.
Le premier récit débute en février 1921, quand Alexandra entreprend le projet fou de rejoindre Lhassa, la cité sainte perchée sous le toit du monde, à pied, déguisée en mendiante. La dernière aventure prend fin en 1946, quand, famélique et vêtue de hardes, elle échappe aux horreurs de la guerre sino-japonaise.

Journal de voyage vol.1 : Lettres à son mari : 11 août 1904-26 décembre 1917
David-Néel, AlexandraPocket, 2010

Collection : Pocket spiritualités



Journal de voyage, journal intime, livre de réflexions, conversations à bâtons rompus, ces lettres envoyées par Alexandra David-Néel à son mari sont une invitation à suivre, pendant les années les plus captivantes de sa vie, une femme hors du commun.
Orientaliste, exploratrice, Alexandra David-Néel décrit tout avec un véritable talent d'écrivain : ses expéditions à travers l'Inde, la Chine et le Tibet, ses rencontres, ses étonnements, ses réactions face aux coutumes locales, son adhésion à la sagesse et au mode de vie orientaux.
Elle fut la première Européenne à entrer dans Lhassa, en 1924.
"Ne conserve que celles [les lettres] qui pourront me servir d'aide-mémoire pour la confection d'un ouvrage de voyages", écrit-elle à son mari à propos de sa correspondance.
Dieux et démons des solitudes tibétaines
David-Néel, AlexandraPlon, 2004




Réunit quatre oeuvres qui éclairent l'univers intérieur de l'ethnographe qui fut la première Européenne à pénétrer à Lhassa en 1924. Alors que Mystiques et magiciens du Tibet retrace la rencontre de l'auteur avec les ermites des hauts plateaux, les trois autres titres sont des romans dont la trame est la quête d'un jeune homme.


Le Tibet de la mémoire
Faucheux, MichelOxus, 2006




En reprenant les récits des voyageurs publiés au cours des siècles depuis Marco Polo, M. Faucheux montre que ce ne sont ni les paysages ni les architectures du Tibet qui se sont imposés à eux, mais bien le sentiment d'atteindre l'autre versant du monde. Leurs souvenirs racontent une quête et mettent en évidence la part d'invisible en chacun.

Sept ans d'aventures au Tibet
Harrer, HeinrichArthaud, 2008




Trois évasions en Inde pendant la Seconde Guerre mondiale, deux traversées de l'Himalaya, une marche interminable sur les hauts plateaux désolés du Changtang, cinq ans à Lhassa, la ville interdite, où Heinrich Harrer devient le confident et le professeur de l'actuel dalaï-lama, alors enfant... Ce livre d'aventures est aussi le récit d'une quête rédemptrice. L'auteur, un alpiniste autrichien inscrit à la SS, devient le défenseur des peuples opprimés.
Cet ouvrage fut publié pour la première fois il y a plus de 50 ans.
Traduit par Henry Daussy.

Sur le toit du monde : hors-la-loi et aventuriers au Tibet
Hopkirk, PeterPicquier, 2011

Collection : Picquier poche



Voici le roman d'aventures du Tibet, l'histoire de ces hommes et de ces femmes qui se lancèrent à l'assaut de Lhassa la mystérieuse pour s'en disputer les secrets, les trésors et la gloire. Aventuriers extravagants, agents secrets, chercheurs d'or, missionnaires ou diplomates, ils se firent tous explorateurs, parfois sans scrupules, armés de sextants, de fusils et d'or. Et le plus souvent déguisés. Mais ces expéditions harassantes sur le Toit du Monde pour atteindre laVille interdite et mythique se terminaient parfois en cauchemars car ces intrépides voyageurs allaient au-devant de châtiments effroyables.
Traduit de l'anglais par Christine Corniot.
Souvenirs d'un voyage à travers la Tartarie, le Tibet et la Chine
Huc, Régis-EvaristeOmnibus, 2001

Collection : Omnibus



Premier Français à pénétrer au Tibet, R.-E. Huc, relata la première partie de son expédition dans les Souvenirs d'un voyage dans la Tartarie et le Tibet pendant les années 1844, 1845 et 1846. A Lhassa, la troupe est bien accueillie par la population mais un représentant de l'empereur les renvoie vers Macao. La seconde partie, L'empire chinois, parut en 1857.

Le Tibet sans peine
Jourde, PierreGallimard, 2010

Collection : Folio



À trois reprises, Pierre Jourde est allé parcourir les pistes du Zanskar, vallée désertique de l'Himalaya, à quatre mille mètres d'altitude. LeTibet sans peine raconte ces longs périples (l'auteur avait vingt-cinq ans la première fois) sous forme d'une épopée cocasse, décrivant les tourments, les émerveillements et les ridicules de jeunes banlieusards occidentaux livrés à une nature démesurée. À la description des paysages sublimes et de l'hospitalité généreuse des Tibétains répond celle du progressif délabrement physique et moral du voyageur et de ses compagnons dans la dureté de l'épreuve. Un régal de lecture, qui n'est pas sans évoquer l'humour espiègle et le sens de l'absurde des récits de Nicolas Bouvier.

Aventures d'un espion japonais au Tibet : mes dix ans incognito à travers l'Asie
Kimura, Hisao & Berry, ScottPayot, 2005

Collection : Petite bibliothèque Payot. Voyageurs.



La traversée de la Mongolie et du Tibet par Hisao Kimura (1922-1989), jeune Japonais naïf et audacieux lancé au début des années 1940, et pendant plus de dix ans, dans l'univers silencieux du renseignement. Des difficultés imprévues l'empêchent de se rendre au Sinkiang et il se joint à une caravane qui va à Lhassa. En y arrivant, il apprend que le Japon a capitulé depuis deux semaines.
Traduit par Michel Jan et Sandrine Bettinelli.

La mendiante de Shigatze
Ma, JianActes Sud, 2002

Collection : Babel



Le Tibet visité, interrogé et intimement découvert par le Chinois Ma Jianen 1984 révèle un peuple et un pays d'une inquiétante étrangeté, dont la dureté et la violence sont extrêmes.
Traduit du chinois par Isabelle Bijon.
Le léopard des neiges
Matthiessen, PeterGallimard, 1991

Collection : L'imaginaire



En septembre 1973, Peter Matthiessen part pour le Dolpo, une région du Népal située à la frontière du Tibet, avec le zoologiste George Schaller qui veut observer des léopards des neiges.
Pokhara sera le " dernier bastion du monde moderne. En un jour de marche, nous avons parcouru des siècles ". Dans ce journal de route, il apparaît très vite que Matthiessen vit cette expédition comme une aventure plus spirituelle que véritablement scientifique. Pour lui, adepte du bouddhisme zen, ce sera surtout un pèlerinage à l'ancien monastère de Shey Gompa et, enfin, un voyage hors de la " civilisation " du XXe siècle.
Traduit par Suzanne Nétillard.
Dans la gorge du dragon
Pattison, Eliot10-18, 2009

Collection : Domaine policier



Epuisé
Shan Tao Yun, ancien inspecteur de la police chinoise, purge une peine dans un camp de travail pour avoir mené une enquête indiscrète sur un haut dignitaire du régime. Lorsque le corps décapité d'un Américain est découvert à proximité du camp, ses codétenus, des moines tibétains, refusent de reprendre le travail. Sur ordre, Shan accepte de mener une enquête qui le conduira à travers tout le Tibet.

À lire aussi
Le seigneur de la mort - 10-18, 9€10
- L'oeil du Tibet - 10-18, 9€60.
- Le tueur du lac de pierre - 10-18, 10€20.
Traduit de l'américain par Freddy Michalski.
Un barbare au Tibet : à la découverte des sources du Mékong
Peissel, MichelSeuil, 1998




Le 17 septembre 1994, au Tibet, Michel Peissel, Jacques Falck et Sebastian Guinness, accompagnés d'un jeune chinois et d'un muletier tibétain, atteignent un amphithéâtre naturel où suintent trois ruisselets : ils viennent de découvrir, aux confins du Tibet, la source principale du Mékong, le «fleuve-mère».
Depuis un siècle et demi, quinze expéditions avaient échoué, souvent tragiquement, dans leur quête de cette source mythique.
Ce livre est le récit passionnant de cette expédition avec ses surprises et ses moments d'euphorie et d'angoisse, au cœur du Tibet interdit. C'est aussi le récit d'un homme engagé depuis quarante ans dans la lutte des Tibétains pour maintenir leur identité face à la Chine, un hommage au pays grandiose de ces nomades khambas que les Chinois considèrent comme les «derniers barbares». Mais, en vérité, qui est «barbare» ? Au-delà de la recherche d'un monde perdu, Michel Peissel s'interroge non seulement sur le rôle des Chinois mais sur le sien et le nôtre dans l'extermination des derniers hommes libres de notre planète.
Esprit curieux, explorateur infatigable, l'auteur nous entraîne aussi à la recherche de races de chevaux inconnues. Quelques mois après les sources du Mékong, il a en effet découvert au Riwoche un fossile vivant : un petit cheval archaïque ignoré jusque là.

La marche dans le ciel : 5.000 kilomètres à pied à travers l'Himalaya
Poussin, Alexandre & Tesson, SylvainPocket, 2006





Partis du Bhoutan, ils se sont sentis tout petits devant l'immensité des montagnes. Six mois et 5 000 kilomètres plus tard, Alexandre Poussin et Sylvain Tesson entraient au Tadjikistan, après avoir accompli latraversée intégrale de l'Himalaya, à pied, d'est en ouest.
Les deux jeunes gens se sont lancés dans ce pari sans préjugés ni certitudes. Ils se sont refusé les tentes, les vivres, les porteurs. Ainsi, dans cette région très peu peuplée, n'ont-ils pu compter que sur des rencontres, sur ce rapport d'échange oublié entre l'étranger et ses hôtes, pour se nourrir et s'abriter.
Ensemble, ils ont franchi des frontières, clandestines ou non, géographiques ou spirituelles, et nous livrent un récit enthousiaste, un regard sur les autres et sur le monde profondément sympathique.
La montagne volante
Ransmayr, ChristophLGF, 2010

Collection : Le Livre de poche



Pad et Liam, deux frères très dissemblables et profondément liés, quittent l'Irlande pour le Tibet oriental. Ils veulent escalader le mont Phur-Ri, surnommé la montagne volante par les nomades khampas et un des derniers espaces inexplorés du monde. Cette expédition périlleuse va les mener à la rencontre d'eux-mêmes, de leurs illusions, de l'amour et de la mort.
Traduit de l'allemand par Bernard Kreiss.


Raymond, JacquesLa Flandonnière, 2008




La reconnaissance intégrale des gorges mythiques du Tsangpo, la conquête du plus haut sommet de la chaîne des Kunlun : ce sont deux de ses expéditions que Jacques Raymond raconte dans son livre à l'issue de nombreuses pérégrinations au Tibet.
Pour lui, le haut plateau est devenu comme une seconde terre. Son fleuve le plus puissant - Tsangpo au Tibet, Brahmapoutre en Inde - avait gardé secret le coeur des gorges entre lesquelles il s'engouffre à l'extrémité est de l'Himalaya, perdant 2 300 mètres d'altitude en 40 kilomètres. Pour les Tibétains, il s'agit d'une région hautement sacrée car elle donne accès à la vallée mythique de Pemakö. Avec une équipe d'alpinistes de réputation mondiale, il est parvenu à franchir ces gorges après que plusieurs expéditions eurent dû y renoncer.
Les Kunlun sont la troisième chaîne de montagnes du monde, bordant au nord le désertique plateau tibétain du Chang Thang et dominant au sud le désert du Takla-Makan. Tenter de parvenir au point culminant, le sommet de la Kunlun Goddess, a nécessité plusieurs reconnaissances très engagées à une altitude extrême dans des régions inhabitées. Un périple qui croise les routes de la soie et qui a conduit Jacques Raymond à placer ses pas dans ceux des grands explorateurs des siècles précédents et des pêcheurs de jade.

La route de Lhassa : à travers le Tibet interdit, 1897
Savage Landor, Arnold HenryPhébus, 2010

Collection : Libretto



Certains de ses contemporains l'ont traité d'affabulateur, et même d'usurpateur, pourtant l'excentrique Arnold Henry Savage Landor a bel et bien traversé le Tibet par le sud, pour en rapporter ce récit émerveillé et mouvementé, suite magique de péripéties rocambolesques dignes des plus grands héros de Jules Verne. Intrépide et téméraire, Savage Landor atteignit Lhassa en 1897, sans déguisement, sans équipement, sans bagage. Il n'échappa cependant pas aux poursuites, aux complots des porteurs, aux arrestations, aux tortures, et faillit payer son audace de sa vie. Son périple à travers l'Himalaya relève de l'exploit, car les étrangers qui entreprenaient ce voyage étaient nombreux à ne jamais approcher Lhassa ou à ne jamais pouvoir en revenir.
Le récit de son expédition, véritable «best-seller» à la fin du XIXe siècle, fut publié dans la prestigieuse revue Le Tour du monde.
Traduit de l'américain par Viviane Markham.
Mémoires d'un moine aventurier tibétain
Tashi KhedrupPicquier, 1998

Collection : Picquier poche



Relate la vie d'un dob-dob, moine tibétain entraîné aux arts martiaux et destiné à fonctionner comme un "policier" à l'intérieur des monastères et à escorter les grands lamas lors de leurs déplacements. Tashi Khedrup, témoigne par la voix du tibétologue Hugh Richardson de la vie quotidienne d'un simple moine mais également de l'invasion chinoise, de la fuite d'un grand lama et de son exil.
Traduit par Marianne Guénot.

Au pays des pierres qui parlent : voyage dans l'Himalaya du mont Kailash à Kathmandu
Turkheim, Olga et ArnaudActes Sud, 2006




Olga et Arnaud de Turckheim renouent avec leur passion pour le vaste territoire indien et entreprennent un périple qui mène aux immensités himalayennes, de Lhassa au mont Kailash au Tibet en redescendant vers Kathmandu au Népal. Pour y parvenir, un voyage de trois semaines en autarcie totale à plus de 4 500 mètres d'altitude est nécessaire. Par sa plume, Olga de Turckheim, telle une archéologue de la mémoire, nous livre les pensées de ces heures puissantes dans le Grand Ouest tibétain, pendant que le pinceau d'Arnaud de Turckheim témoigne de la beauté des paysages et de l'émotion des rencontres avec les peuples des hauts plateaux du Tibet.

Le haut pays, suivi de La traversée du Tsangpo
Velter, AndréGallimard, 2007

Collection : Blanche



La poésie trouve ici une unité de lieu : l'altitude. Celle du Tibet et de l'Himalaya. Celle de ce Toit du Monde qui ne recouvre rien mais donne sur le ciel dans une autre lumière. Le Haut-Pays est le troisième pôle de la terre : là où les boussoles s'essoufflent et perdent leurs repères, là où s'ébauche un réel aimanté.
Ce qui s'éprouve alors, c'est l'expérience du lointain et du proche, de l'infini, de l'infime, de la plénitude et du manque. Il y a tout ensemble le jeu des muscles, l'ivresse des visions, le silence, la solitude, la montée des mots ou des chants. Il y a aussi comme une traque fervente qui s'exalte, s'irrite, s'émerveille de son propre mouvement.
Il va sans dire que ce parcours n'est pas celui d'un dévot. La rencontre avec le bouddhisme tibétain intervient d'abord et tout naturellement dans le sens de la marche : c'est une approche physique, pas un acte de piété, même si la traversée du Tsangpo mène à Samyé, le monastère des origines.
Poème et polyphonie à la suite, ce livre n'accueille en effet que des ascèses toniques où le corps est en fête et l'esprit des plus libres.http://www.ombres-blanches.fr/dossiers-bibliographiques/themes/voyage-guides-recits/asie/tibet/tibet-terre-a-recits.html

Namasté

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